Stupid Invaders – Dreamcast

Par Battosai14
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Hhaaa, les années quatre-vingt-dix, période de grandes découvertes pour beaucoup d’entre nous, grâce à l’apparition des mangas, des années Club Dorothée, l’arrivée de la Super Nintendo et de la Mega Drive en Europe, de grands chefs-d’œuvres du cinéma comme Jurassic Park, Pulp Fiction ou Toy Story et bien d’autres choses encore.
Et pour ce test nous allons nous intéresser à un univers que vous aurez sûrement connu durant cette période, celui de la série d’animation française : Les Zinzins de l’espace !
Les Zinzins de l’espace la série animée
Cette série d’animation fut créée par Jean-Yves Raimbaud et Philippe Traversat et diffusée sur nos chaînes par la société Gaumont Multimédia en 1997, société fondée par Marc du Pontavice qui deviendra en 2002 Xilam après avoir diffusé d’autres séries d’animation de qualité telles que : Oggy et les Cafards en 1998 (toujours de Jean-Yves Raimbaud), La Famille Pirate en 1999, Les Nouvelles Aventures de Lucky Luke, etc…
Quelques séries de Gaumont Multimédia / Xilam
Les Zinzins de l’espace est une série d’animation de science-fiction comique dont l’humour se rapproche beaucoup du style des cartoons de Tex Avery, souvent décalé, burlesque voire déjanté. La série est aussi connue pour son générique original composé par Iggy Pop ( « Monster Men » pour ceux que cela intéresse) !
L’histoire nous présente cinq aliens dont la soucoupe volante s’est écrasée sur Terre. Pour éviter de se faire disséquer par les êtres humains, ces petits bonshommes décident de se cacher dans une vieille bâtisse le temps de trouver une solution pour rentrer sur leur planète. Malheureusement pour eux, la maison est régulièrement louée par des locataires souvent excentriques et ils devront trouver des moyens divers et variés pour les faire partir.
La version animée des Zinzins de l’espace
Aujourd’hui nous parlerons donc d’un jeu vidéo développé autour de cet univers totalement barré : Stupid Invaders et plus précisément sa version sortie sur Dreamcast de Sega.
Développé en 2000 par Xilam elle-même pour PC et Mac, ce point-and-click vous met dans la peau des cinq protagonistes du dessin animé. Son portage Dreamcast lui a été pris en charge par Titanium Studios et arrivera en 2001. C’est bien évidemment le studio français Ubisoft qui se charge d’éditer le jeu en Europe et aux États-Unis.
Jaquette américaine
Le scénario débute instantanément au lancement du jeu, l’introduction nous montre nos héros à bord de leur soucoupe volante, puis à l’instar d’un vieux film de science-fiction le titre Stupid Invaders apparaît.  Les voici qui s’écrasent alors sur Terre et décident de se réfugier dans le grenier d’une maison à louer en attendant de réparer leur soucoupe.
Malheureusement pour eux, un abominable scientifique, le Dr Sakarin, décide d’engager un terrible mercenaire du nom de Bolok pour les capturer et les ramener au laboratoire en vue d’atroces expériences.
C’est au moment où nos Zinzins sont sur le point de rentrer chez eux à l’aide de leur soucoupe enfin réparée que l’affreux chasseur de primes entre en scène et congèle nos héros. Bud (le grand alien orange à l’air débile) rentre alors dans la pièce, assiste à la scène et prend la fuite pour se cacher dans les toilettes.
C’est à ce moment que le jeu commence. Si l’histoire peut paraître fort banale au premier abord, le fait d’avoir ici un épisode entièrement inédit, bourré d’humour et de rebondissements typiques de la série fait que le joueur prendra énormément de plaisir à parcourir l’aventure, si tant est qu’il soit un minimum friand de ce genre d’humour très décalé.
 
Une introduction claire et rapide !
En terme de réalisation nous sommes sur un jeu encore très agréable visuellement aujourd’hui pour de la 3D du début des années 2000. Cela est dû notamment au style graphique des environnements du dessin animé de l’époque et à ses personnages au chara-design épuré retranscrit dans le jeu.
Le passage de la 2D à la 3D pour nos amis aliens est plutôt réussi, voire assez étonnant dans le sens où l’on a vraiment l’impression de se retrouver devant un véritable épisode des Zinzins de l’espace grâce à une mise en scène dynamique, un humour déjanté poussé à son plus haut niveau (sexe, drogue, caca et j’en passe), des dialogues drôles et les doublages français originaux de grande qualité.
À travers les différents protagonistes vous parcourez divers environnements loufoques en lien ou non avec la série et vous rencontrerez d’autres personnages complètement barrés tout droit sortis de l’univers des auteurs.
Exemples de décors
Même en terme d’animations, les développeurs ont vraiment bien travaillé, chacun des protagonistes possède une très large gamme de mimiques que vous découvrirez au fur à mesure de l’aventure et une grande partie de leurs attitudes présentes dans le dessin animé est aussi présente dans le jeu.
À titre d’exemple il existe des dizaines de façons différentes de mourir dans le jeu et chacun des Game Over possède sa propre cinématique.
Quelques exemples de morts
Au final sur la réalisation Xilam a su rester très fidèle à la série, tout en nous produisant un épisode vraiment inédit et spécial, particulièrement dans son humour et ses dialogues bien plus trash, ciblé pour les adultes et ce n’est pas pour nous en déplaire !
On vous avait prévenu, « Déconseillé aux moins de 12 ans » !
Pourtant, il y avait de quoi être sceptique à l’annonce du projet, n’oublions pas qu’avant de devenir Xilam le studio s’appelait Gaumont Multimédia et avait été en charge des jeux : Les Visiteurs en 1997 et du Cinquième Élément en 1998, de quoi vous donner de bonnes sueurs froides.
Oublions cette triste période !
Du coup, hormis quelques petits problèmes de compression durant certaines cinématiques qui affectent un peu la qualité et quelques saccades durant quelques animations, la réalisation générale du soft est vraiment très bonne.
Côté gameplay, bien que nous soyons en présence d’un point-and-click classique, les développeurs ont pris le soin d’ajouter un élément plutôt intéressant et peu présent dans ce genre de jeux, le Game Over.
Puisque l’intrigue principale de l’aventure est d’échapper à Bolok, il était donc tout à fait normal d’intégrer des conséquences aux mauvaises utilisations d’objets ou aux mauvais choix dans les dialogues. Ce qui donne lieu à séquences de Game Over aussi inattendues qu’hilarantes.
Les Game Over donnent du piment à l’aventure !
La prise en main est immédiate que ce soit à la souris ou à la manette, on se dirige avec le stick ou la souris, un bouton de sélection, un bouton d’inventaire, on sélectionne un objet et on l’adjoint à un second objet, nous sommes donc en terrain connu.
Durant les phases d’exploration, il y aura énormément d’actions possibles et il vous sera permis d’examiner un grand nombre d’objets différents.
Rien de bien original en soi, mais ce gameplay a fait ses preuves à de nombreuses reprises et surtout l’ambiance générale du jeu est propice à cette prise en main classique.

Un œil, une main, un inventaire, vous n’aurez besoin de rien de plus.

Notons tout de même un léger manque de lisibilité concernant l’icône de déplacement, celle-ci étant la même pour se déplacer sur un plan ou pour changer de plan, il vous arrivera sûrement de louper un recoin important de décors et de bloquer sur une énigme.
Autre petit point noir sur le gameplay, une action « anormale » a réaliser quasiment au début du jeu pour récupérer un objet. Anormale dans le sens où cette action n’est ni inscrite dans le livret, ni reproduite avant ou après durant le jeu. Ce qui va sûrement entraîner un arrachage de cheveux pour certains d’entre vous assez rapidement.
En ce qui concerne la durée de vie, nous sommes sur un temps de jeu très correct puisqu’il vous faudra bien une bonne dizaine d’heures de jeu pour venir à bout des nombreuses énigmes tordues qui jalonneront votre progression.
Comme dans tout point-and-click le niveau de difficulté se mesure en fonction de la difficulté de résolution des énigmes. Ici la difficulté ne se trouvera pas forcement dans leur résolution, mais bien dans l’obtention des objets qui vous permettront de continuer l’aventure.
Il vous faudra donc déplacer votre curseur sur la moindre petite parcelle de décor et scruter l’écran de votre regard d’aigle perçant pour ne pas laisser passer le moindre petit indice.
L’humour trash et décalé du jeu vous demandera un peu d’imagination pour pouvoir faire avancer le script, mais surtout l’abondance d’éléments interactifs trompeurs risque de vous faire tourner en rond de temps à autre et l’écran Game Over risque d’apparaître régulièrement durant ces périodes, n’hésitez donc pas à sauvegarder régulièrement.

Énormément d’éléments interactifs, à vous de deviner s’il sont utiles, ou pas…
S’il y a bien deux éléments du jeu sur lequel on sent une grande implication de l’équipe de Xilam, ce sont  le sound-design et la musique.
Solange Belmond, responsable sound-design, nous a produit un travail d’excellente facture en nous baignant dans l’univers sonore de série, le jeu fourmille de petits sons extrêmement bien pensés, tellement d’ailleurs que certains risquent de vous mettre mal à l’aise !
L’incroyable univers sonore se voit renforcé par des dialogues complètement déjantés voire trash, doublés par les voix officielles de la de la première saison de la série (d’ailleurs il est important de noter que si vous souhaitez obtenir le jeu en français il vous faudra faire très attention à la version que vous choisissez, la version anglaise étant quasiment identique à un logo près).
À gauche la version européenne, à droite la version française.
Pour la bande originale, c’est Hervé Lavandier, auteur des musiques du dessin animé, qui s’est occupé de nous composer les musiques du jeu. Bien évidemment nous retrouvons des morceaux issus de la série ainsi que de nouvelles pistes musicales toutes aussi attrayantes.
Grâce à la présence de ces éléments auditifs le joueur fan de la série dégustera l’aventure jusque dans la moindre petite miette de dialogue (il ira sûrement tout comme nous jusqu’à faire des allers-retours totalement inutiles dans un ascenseur dans le seul but d’entendre tous les calembours du groom…), le joueur non initié à la série trouvera ici un jeu complètement siphonné et dont l’humour pourrait causer un arrêt cardiaque immédiat à beaucoup de nos fameux SJW des temps modernes.
On vous le dit, poilade assurée !
Le seul reproche possible sur cette partie est l’absence du génialissime générique « Monster Men » d’Iggy Pop ainsi que du petit jingle si particulier que l’on entend lorsque nos aliens idiots utilisent leur machine à transformation : la SM-TV. Pour le générique original l’hypothèse des droits d’auteur semble être la réponse la plus probable à ce manquement, par contre concernant l’oubli du jingle pour la séquence de la SM-TV la réponse est moins évidente.
En conclusion, Stupid Invaders est l’un des point-and-click les plus déjantés auquel vous pourriez sûrement jouer. Son titre, référence parodique à Space Invaders en dit déjà long sur son contenu. L’équipe de Xilam nous offre un soft très travaillé dans lequel l’univers de la série télévisée est vraiment bien retranscrit. Le script vous propose de jouer un épisode totalement inédit rempli de dialogues complètement démentiels. Un œuvre vraiment hilarante qui passerait peut-être assez difficilement aujourd’hui.
Sans être le point-and-click du siècle il faut avouer que l’ambiance et surtout l’humour présent dans ce jeu font que l’on ira parcourir le script du début à la fin avec un très grand plaisir et ce malgré ces petites imperfections.
Les points forts :
– Une réalisation fidèle à l’univers de la série télé
– De très nombreuses animations cartoonesques pour chacun des protagonistes
– Des énigmes totalement en adéquation avec l’univers du jeu
– Des dialogues hilarants
– Des gags et un humour trash
– Les musiques du dessin animé
– Les voix originales des doubleurs de la première saison de 1997
– Le travail sur les bruitages
Les points faibles :
– Manque de lisibilité pour les déplacements dans certains plans
– Un objet mal codé au début du jeu
– Absence du générique « Monster Men » de Iggy Pop
– Absence du jingle de la SM-TV
Note finale du testeur : 18/20
Un grand merci à Yacine Djebili « Yace » pour la correction de ce test :24:

 

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