Dante’s Inferno – Sony PS3

C’est à mon tour de laisser un « petit » avis sur le jeu Dante’s Inferno que j’ai fini sur PS3.
Voilà un jeu auquel je n’aurais sans doute jamais touché si les quelques retours du forum de Paderetro n’avaient pas plaidé en sa faveur. Merci donc à la communauté qui, malgré certains cas sociaux qui tentent de refourguer de l’Amiga CD32 à tout va, permet de faire découvrir quelques bons jeux passés inaperçus.

J’avais pourtant essayé vite fait la démo du jeu chez un pote, il y a très longtemps de cela. Mais je n’avais pas été plus emballé que cela. Vous savez ce que c’est : autant il y a l’euphorie du moment qui peut jouer en faveur d’un jeu, autant l’aphasie peut au contraire vous faire dédaigner un titre sans raison apparente. J’avais donc pu voir le premier combat, contre la Mort (tout un symbole !), mais je n’avais pas voulu découvrir le jeu plus en profondeur.

La faute en revient sans doute, hélas, au design du héros, vraiment banal et peu engageant. C’est vrai quoi. A côté d’un putain de Kratos qui se bat torse nu avec des tatouages rouges plein la chetron,  Dante’s Inferno propose juste une vulgaire bidasse revenant des croisades, avec sa classique gamelle de soldat sur la caboche. Ce que je dis a l’air con comme ça… et pourtant. Je suis convaincu que ce design classique, peu charismatique et sans génie du héros est ce qui a grandement contribué à faire de Dante’s Inferno un jeu souvent méprisé, que cela soit par les joueurs ou par la presse. Et, bien évidemment, comme je l’ai sous-entendu, la comparaison avec Kratos et la série des God of War n’a hélas pas joué en la faveur du saint soldat.

 
Et c’est bien là le gros défaut qui revenait sans cesse dans les tests présents sur le net. Ca ressemble trop à God of War, c’est un plagiat, le système de combat est le même. « Bouuuuh, c’est pas bien de copier, on va lui mettre une sale note, nananère ! » Évidemment, cette manière de faire totalement puérile et biaisée occulte un fait : si on copie un jeu excellent, n’a-t-on pas de grandes chances d’obtenir un jeu excellent ?

Oui, Dante’s Inferno copie God of War. Oui, son système de combat est plus ou moins calqué sur les aventures du Dieu de la Guerre. Oui, Electronic Arts est autant opportuniste que Camille Coste face à une pile de jeux rétro (toi qui ignore tout du personnage, tape « Escroc » dans Google et ta curiosité sera satisfaite)). Oui, oui, oui ! Mais doit-on fustiger le jeu pour ces simples raisons ? Allez zou, suffit de donner 10 euros à votre vendeur de Micromania pour vous faire une idée. Le jeu, en effet, est très fréquent en occasion et ne coûte pour ainsi dire rien. A ce prix, autant se lancer dans l’aventure.

 
On dit souvent d’ailleurs que les vendeurs de cette enseigne ne connaissent pas le quart de la moitié des jeux qu’ils vendent. S’il faut bien avouer que cette affirmation est en de nombreux cas difficilement contestable, on peut quand même tomber sur un gars compétent dans son boulot. J’aime ainsi à rester quelquefois dans un magasin de la marque lorsque, les yeux brillants, le souffle haletant, les mains tremblantes d’espoir, un petit n’enfant de 10 ans convainc son papa ou sa maman de lui prendre un chatoyant Call of Duty ou un rutilant GTA 5… tout ça pour tomber, pas de bol gamin, sur LE vendeur qui fait bien son job et qui va dire aux parents, totalement ignorants : « Vous savez quand même qu’il y a des prostituées, de la guerre, du sang, de la violence, de la drogue, de la vulgarité, et que ces jeux sont déconseillés aux moins de 18 ans ? ». Pam ! ca ne loupe jamais : petite moue étonnée du candide papa, regard outré de la fragile maman, légère réprimande au fiston, lequel ramène les bras ballants le jeu dans les bacs en maudissant ciel, terre, et mer.
… J’adore !
Tout cela pour dire qu’une fois n’est pas coutume j’ai eu affaire à un vendeur qui connaissait bien le jeu que j’achetais et qui m’a certifié une chose : « C’est le beat’em all 3D où les impacts de coups sont les mieux retranscrits ! ». Et Dieu sait qu’il avait raison !

 
S’il y a en effet une chose que Dante’s Inferno fait bien, et même mieux que God of War 3 sur le même support, c’est retranscrire la sauvagerie et la nervosité des combats. Et cela, grâce à une utilisation parfaite de la fonction vibrante du pad analogique.

On oublie bien souvent ce gadget qui, dorénavant, fait un peu partie des choses « acquises » pour un jeu PS3. C’est à peine si l’on remarque de nos jours le « bvvvvvvrrrrrrrr » de la manette tant la vibration est utilisée pour un oui ou pour un non. Pourtant, il ne faut pas oublier que ce tout petit truc peut ajouter de l’immersion à un jeu lorsqu’il est bien utilisé. De mémoire, Metal Gear Solid sur Playstation avait été l’un des premiers à retranscrire aussi bien ce qui se déroulait à l’écran grâce à cette fonctionnalité. Ne vous rappelez-vous donc pas de l’hélicoptère qui survole Snake, un peu après le début du jeu, alors que la vibration commence sur une intensité légère pour gagner en force lorsque l’engin volant passe pile-poil au-dessus de la tête du héros ?

Hé bien Dante’s Inferno, avec Metal Gear Solid ou Rez, est sans doute l’un des rares à savoir pleinement utiliser ce simple petit gadget pour servir le jeu et l’améliorer. Dante pare un coup ? Un son de métal clinquant se fait entendre alors que l’épée frappe la faux, la manette vibre, on en vient à grincer des dents sous l’impact, Dieu que c’est bon ! Dante enchaîne quelques petites frappes ? La manette vibre tout doucement… Et là soudain Dante fait une attaque sautée en piqué ? Dans un véritable râle rauque, viril et guerrier parfaitement dans le ton, Dante assène son coup alors que la manette vibre de plus belle.

 
Et ainsi de suite pour tous les affrontements. Certes la vibration joue un rôle mais, comme je l’ai dit, les sons ne sont pas en reste. Cris de monstre, musiques épiques, bruit des armes s’entrechoquant. Franchement, je le dis sans ambages, mais j’ai trouvé les joutes de Dante’s Inferno plus nerveuses que celles de God of War 3. Je trouve en effet que la violence des coups portés par Kratos, hormis les mises à mort scriptées, est parfois assez mal retranscrite. En faisant tourbillonner ses Lames de l’Olympe, notre ami grec semble parfois jouer à la ballerine, ou au mieux à la gymnaste rythmique qui fait virevolter ses rubans. Le problème des God of War étant que l’on touche parfois un ennemi sans réellement le remarquer à cause, justement, de ces impacts assez mal rendus ; un petit défaut qui justifie d’ailleurs l’utilisation à outrance du combo Plume de Prométhée, pour les connaisseurs. Mais si ! Vous savez bien ! Carré, carré, triangle, et bis repetita.

On n’échappera pourtant pas à une certaine redondance dans les affrontements de Dante’s Inferno. Certains enchainements se révèleront plus efficaces que d’autres, et quelques uns seront même craqués face à certains ennemis. Je vous conseille, que dis-je, je vous ordonne d’ailleurs de faire le jeu directement en mode difficile pour rendre les rixes plus tactiques et intéressantes. Le jeu en mode Normal est beaucoup trop facile (comme tous les jeux de maintenant, hélas). La difficulté en mode Hard sera assez bien dosée, malgré quelques passages crispants à la limite de l’abus. Mais rien qui pourra retenir très longtemps un vieux trentenaire élevé aux Mega Man et autres Sorcery+, n’ayez pas peur !

Qu’en est-il alors de ce système de combat ? L’arme principale de Dante sera donc la faux, dérobée en personne à la Grande Faucheuse dès le début du jeu alors que Dante, mortellement poignardé, se battra contre elle pour reporter son « Grand Voyage ». Rien que ça ! Ca pète pas mal quand même, non ? Le système de combos, coups spéciaux, enchainements et joyeusetés qu’offrira cette arme ne surprendra guère les amateurs des God of War. Carré pour un coup faible, Triangle pour un coup fort, et à partir de là on pourra varier les plaisirs selon la combinaison des touches pressées.

 
Bientôt cependant, Dante récupèrera sa 2ème arme principale : une sainte croix qui projettera des crucifix sur toute la surface du terrain par une simple pression sur la touche Rond. Une arme utile pour le combat à distance, mais qui cependant portera des coups moins puissants que la bonne vieille lame courbée. Il n’empêche que le sentiment de puissance qu’offrira la croix, alors qu’on pourrit la zone de jeux de crucifix lumineux, encore et encore, sera quelque chose de jouissif qui ajoutera encore à l’intensité des combats.

Ne croyez cependant pas que tous les coups vous seront accessibles dès le départ. Dante’s Inferno propose un système d’expérience assez original et bien pensé qui apporte au jeu une touche d’originalité bienvenue. Concrètement, la faux et la croix ont chacun leur propre arbre de compétences. Là où le jeu devient subtil, c’est qu’il existe deux catégories de points d’expérience : ceux de « Lumière », et ceux « d’Ombre ». Alors que les premiers seront octroyés au joueur si ce dernier tue des ennemis avec la croix, les seconds seront quant à eux donnés pour des coups décisifs avec la faux. Ajoutez enfin des âmes récoltées dans les coffres ou après avoir battu les ennemis et qui, comme dans God of War, feront office de « monnaie » pour acheter de nouvelles aptitudes.

 
C’est un système très simple mais extrêmement bien pensé qui vous forcera alors à jongler entre les deux types d’armes afin de faire augmenter le personnage comme il se doit. Car certaines capacités ne vous seront accessibles sur un arbre de compétences que si vous avez atteint un certain niveau sur ce dernier. Par exemple, atteindre le niveau 3 de l’arbre de l’Ombre ne vous permettra pas d’obtenir les compétences de niveau 2 de l’arbre de Lumière, et cela même si vous disposez d’assez d’âmes pour la dite compétence. Par ailleurs, certaines compétences de niveaux supérieurs ne pourront être achetées que si vous avez déjà débloqué une compétence liée de niveau inférieur. C’est donc quelque chose d’assez judicieux qui pousse le joueur à jouer de deux manières différentes afin de voir tout ce que ces arbres ont à offrir. Cela sera même quelque chose de nécessaire dans l’absolu car chaque arbre, en plus de proposer des nouveaux coups, détient aussi des améliorations plus basiques mais indispensables comme une barre de vie rallongée, des magies plus puissantes, etc…

Une autre bonne idée sera la possibilité de découvrir des reliques, souvent cachées, dont Dante pourra s’équiper afin d’être gratifié de bonus aussi utiles que variés. Possibilité d’enchainer les coups sans être stoppés, bonus sur les points d’expérience d’un type obtenus, immunité à certaines attaques… Il y a environ une trentaine de reliques à découvrir, ce qui constitue une véritable quête annexe dans le jeu assez intéressante par sa nature puisqu’elle offre vers la fin des possibilités de customisation du héros. Notez que certaines reliques ne pourront pas être équipées si vous n’avez pas le niveau d’Ombre, de Lumière, voire des deux à la fois requis. Encore une bonne raison d’utiliser la croix autant que la faux !

Enfin, ajoutons à tout cette bonne tambouille quelques épices déjà présentes dans les God of War, et vous avez le tout. A savoir, une jauge de furie qui se remplira au fur et à mesure des coups portés et qui permettra à Dante, une fois utilisée, d’être plus rapide, plus fort et résistant pendant une courte période, tel un Conan le Barbare croisé avec un Bruce Lee. Et pour finir, quelques petites magies par-ci par-là, débloquées au cours de l’aventure, lesquelles puiseront dans une autre jauge, que l’on appellera dans un souffle d’inspiration génial la Jauge de Magie.

 
Mais si tout cet aspect gameplay est plutôt sympathique, c’est pourtant dans un autre domaine que Dante’s Inferno va tirer son épingle du jeu. et là, je veux bien entendu parler de l’ambiance.

J’ai lu un ignoble test du jeu sur Internet, celui de feu Jeuxvideo.fr pour ne rien vous cacher (on ne les pleurera pas), qui reprochait à Dante’s Inferno d’être malsain, glauque, dérangeant, d’aller trop loin dans le morbide. Heuuuu ???? Mais punaise, on descend dans les Enfers, abrutis ! Pas dans un truc édulcoré : dans les Enfers !! Ceux décrits par Dante Alighieri dans sa Divine Comédie, ce texte qui lui-même s’inspirait des croyances bibliques pour décrire les châtiments réservés aux pêcheurs. Pêché de luxure, pêché d’avarice, pêché de traitrise, pêché de suicide, et j’en passe : tant de choses qui, aux yeux de Dante et de ses contemporains, méritaient après la mort un châtiment exemplaire, souvent violent et dissuasif pour les vivants. Les Suicidés sont transformés en arbres dont les feuilles sont dévorées par des harpies. Les Gourmands se retrouvent à barboter dans une mer d’excréments alors qu’une incessante pluie froide leur tombe dessus. Les Luxurieux sont ballotés sans fin dans une tornade aux vents violents, sans espoir de repos. Les Religieux qui ont détourné les biens de l’Eglise pour leur propre intérêt sont enfoncés la tête en bas dans une jarre, jusqu’à ce qu’un autre homme d’église peu vertueux vienne s’empiler par-dessus et les « tasser ». Les faux-devins sont condamnés à errer la tête tournée vers le dos de leur corps. Et ainsi de suite. Tant de choses dérangeantes, ignobles et écœurantes, mais qui dépeignent un tableau crédible des Enfers ; on n’est pas là pour rigoler !

 
Et le jeu, lui non plus, en plus de retranscrire certains paysages décrits dans la Divine Comédie, ne va pas y aller par quatre chemins. Ne vous étonnez pas si vous croisez des bébés aux bras remplacés par des faux, des femmes lubriques qui vous enserreront par un ignoble tentacule sortant de leur entrejambe, ou de grosses créatures boursouflées à forme vaguement humaine qui exploseront dans une bouillie d’excréments une fois vaincus. Les phases d’escalade calquées, encore une fois, sur God of War se feront sur des corps décharnés de damnés gesticulant, emprisonnés pour leurs pêchés, et hurlant de vaines supplications quand ce ne seront pas des râles d’agonie ou de folie.

Et les décors ne vont pas dépareiller avec le reste. A mesure que Dante, guidé par le poète Virgile, descendra dans les Cercles de l’Enfer, vous pérégrinerez dans les différents panoramas dépeints dans l’œuvre littéraire. Du Phlégéthon, fleuve de sang bouillonnant où se noient continuellement des milliers de malheureux, à la Forêt des Suicidés lugubre et inquiétante, sans oublier le passage dans le Cercle des Gourmands et son esthétique tordue à bases de parties corporelles, vous aurez continuellement l’impression de faire un grand voyage glauque et malsain dans les profondeurs infernales. Une ambiance qui, ainsi, n’aura rien à envier à celle d’un God of War même si elle préfèrera se draper dans des aspects dérangeants et malsains là ou le Fantôme de Sparte mise plutôt sur des lieux grandioses emprunts de mythologie.

 
Tout n’est cependant pas parfait, loin de là, et concourt hélas à faire de Dante’s Inferno un jeu qui, par bien des aspects, ne peut prétendre au trône de meilleur beat’em all de sa génération.

L’un des aspects les plus frustrants est, sans doute, le manque de diversité des ennemis. Sorti des chairs à faux que constituent les sortes de vilains gnomes du début, d’ailleurs déclinés en plusieurs variations au fur et à mesure de l’aventure, on ne peut pas dire que Dante’s Inferno fasse preuve d’imagination dans ce domaine. Comptez donc : des démons  à grandes cornes eux aussi déclinés dans des versions de plus en plus ardues, des femmes lascives et dangereuses (l’ennemi complètement abusé du jeu : imprévisible, rapide, et esquivant vos coups. Un adversaire que vous rencontrerez par ailleurs au premier quart du jeu, ce qui n’est pas logique), les bébés à bras de faux, une sorte de démon formé de deux corps et tournoyant avec une masse, les gros sacs de chair putréfiée explosant en excréments, des prêtres maudits, des gargouilles volantes, et c’est à peu près tout. Vous rencontrerez aussi à 4-5 reprises de grandes créatures chevauchées par un dresseur. Une fois celui-ci destitué de sa position, vous pourrez contrôler la bête. Mais ce n’est pas très intéressant ou amusant. La bête étant invincible, il faudra juste se contenter de bourriner les touches sans grande conviction. Tout ceci, bien sûr, provoque une certaine lassitude d’autant plus que les mises à mort, peu nombreuses et absentes pour certains types de monstres, ne seront pas variées.

Les boss soufflent aussi le chaud et le froid. Tandis que l’aventure commencera très fort avec le combat contre la Mort et alors que cela continuera de plus belle avec un affrontement contre Minos le Juge des Ames, le soufflé retombera de manière drastique avec un combat contre Marc-Antoine, peu original et certainement pas impressionnant. Puis, à nouveau un boss grandiose avec Cerbère avant de retomber, et cela jusqu’à la toute fin du jeu, dans des combats de boss moyens voire médiocres et bâclés. Même le boss de fin, impressionnant lors de la première phase du combat, choisira une forme plus conventionnelle pour la deuxième partie de la joute, pour quelque chose de là encore banal et sans génie.

 
Les cinématiques alors ? Vous en aurez 2 ou 3, pas plus, réalisées dans une belle 3D appréciable. Les autres, relatant le passé de Dante, vous seront narrées dans un style graphique amateur absolument ignoble de laideur. Je ne plaisante pas, on croirait voir le boulot d’un gars qui a foiré sa première année d’études en arts. J’ai pu lire, là encore sur le net, que ces cinématiques avaient une « esthétique assumée ». Un bien trop gentil euphémisme pour ne pas avoir à dire, tout simplement, que ce travail est laid, inacceptable, et dépréciatif pour le jeu.

Le plus décevant, cependant, restera une persistante impression de bâclé dans les décors que l’on traversera à mesure que l’on s’approchera de la fin du jeu. Alors que les 3 premières zones des Enfers seront relativement longues et constitueront de véritables zones étendues où le joueur sera mis à l’épreuve, à mesure que vous vous enfoncerez vers les profondeurs vous ne traverserez que succinctement certains Cercles. Ainsi, si les Limbes, le Cercle de la Luxure, et le Cercle de l’Avarice donnent l’impression d’avoir été travaillés, tout le reste des paysages infernaux, à l’esthétique certaine au demeurant, ne constitueront que de brefs passages, parfois presque sans ennemis. Le Cercle des Gourmands, sans doute le plus impressionnant graphiquement, vous demandera à peine 15 minutes de votre temps. Le Cercle des Colériques ? Pfffuiiit !! Vous en sortirez presqu’à peine arrivé. Le Cercle des Orgueilleux ou celui des Hérétiques ? C’est à peine si j’ai le souvenir d’y avoir mis les pieds. Les eaux du Styx ou de l’Achéron ? La Forêt des Suicidés ? Le Cocyte ? Là encore des bien jolis décors mais qui ne vous divertiront que l’espace de 10-15 minutes chacun, avec parfois des phases bien plus passives qu’actives (la traversée sur le dos du géant Phlégias, bof bof…). La plus grande déception restera sans doute, vers la fin, une succession de combats en arènes peu intéressants, dans des décors peu fouillés et aux textures grossières, pour symboliser le Cercle des Fraudeurs et ses 10 Malebolges. Là où le début de l’aventure proposait des décors recherchés et une ambiance prenante, on se retrouve là, dans des salles aux roches gris-bleues, à enchaîner des micro-défis. Que c’est dommage ! Et enfin, la dernière zone, qui se devait pourtant d’être en toute logique le pinacle de l’aventure, sera d’une brièveté écœurante et fera preuve d’un manque d’imagination et de travail évident.

 
Tout cela est dommageable pour le jeu. Car à souffler ainsi le chaud et le froid, le joueur se retrouve un coup agréablement surpris, un coup dans l’expectative, et un autre coup déçu. L’aventure manque par conséquent de constance dans la qualité et fait naître chez le joueur la très forte impression que certaines parties du jeu ont été complètement bâclées là où d’autres, pourtant peu intéressantes en comparaison, ont été négligées. Pourquoi s’attarder sur trois Cercles en particulier, et vaguement survoler les autres ? Manque de temps, de moyens, d’ambition ? Toujours est-il que Dante’s Inferno souffre grandement de cette dépréciation de certaines zones vis-à-vis d’autres là où un God of War conserve un degré d’excellence presque constant dans le même domaine.

Reste enfin un petit mot à dire sur la difficulté du titre. Là où le mode Normal sera une vaste blague, le mode Difficile sera parfois mal calibré, avec certains passages qui risquent de vous faire arracher les cheveux. Rien d’insurmontable pour peu que vous fassiez correctement évoluer votre personnage, mais certains groupes d’ennemis seront particulièrement ardus, en particulier si 2 ou 3 femmes lascives se retrouvent dans le lot. La durée de vie reste quant à elle correcte pour un titre de ce genre, avec environ 8-10 heures pour en voir le bout. Vous pourrez aussi recommencer l’aventure en New Game+ pour tenter de compléter vos arbres de compétences et augmenter toutes vos reliques au maximum.

 
Au final, il est un peu difficile de donner un jugement définitif et « carré » sur Dante’s Inferno. Un coup le jeu offre des décors sublimes, un autre coup ils sont moyens. Un coup on vous offre un combat de boss titanesque, un autre coup c’est la douche froide. Un coup on vous fait voyager longuement dans de vrais niveaux travaillés, un autre coup vous traversez une zone en 10 minutes en effectuant de bien peu passionnantes actions (grimpettes, mini-énigmes à deux sous, phases de plateformes basiques). Un coup les développeurs vous montrent qu’ils savent faire de belles cinématiques, et la fois d’après on vous colle ces ignobles séquences animées à l’amateurisme flagrant. Et ainsi de suite, jusqu’à la toute fin de l’aventure.

Et pourtant, malgré tout, j’ai passé un excellent moment à accompagner Dante dans sa descente infernale. L’ambiance est quand même formidable, le gameplay plaisant, l’esthétique générale bien au-dessus de la moyenne. Même les voix, en Français s’il vous plait, sont excellentes. J’ai lu ici et là de vives critiques à leur encontre mais je vous assure qu’elles sont très bonnes, je ne comprends absolument pas les détracteurs. Boah… Sûrement, encore, un besoin de glorifier la VO et de cracher sur la médiocrité de la France dans tous les domaines, histoire de se la jouer rebelle. Mais le doubleur de Dante fait du très bon boulot et est d’ailleurs bien plus crédible, dans la colère qu’il fait transparaitre par ses intonations, que le doubleur français de Kratos qui fait bien plus dans la caricature.

 
J’ajoute enfin que, comme beaucoup, j’ai préféré accompagner le personnage de Dante plutôt que Kratos. Là où Dante cherche la rédemption et est humainement attachant par certains aspects, Kratos est devenu à partir du 2ème volet de la saga une caricature, allant parfois jusqu’au grotesque dans sa logique et ses agissements, poussant toujours la violence à son paroxysme pour, sans doute, contenter les masses adolescentes. Je n’ai jamais compris la nécessité, dans GOW2, d’écraser la tête d’un traducteur pour ouvrir une porte grâce à son sang. Jamais compris non plus pourquoi Kratos, dans ce même épisode, ayant pour but de retrouver les trois Moires afin de changer son destin, dit à la première qu’il croise « Ecarte-toi de mon chemin » et sort les armes au premier mot de travers. La folie d’un homme, nous dit-on ? La violence du Dieu de la Guerre, nous disent d’autres personnes ? Sauf qu’à imposer sans cesse et sans relâche les frasques d’un Kratos de plus en plus détestable et (n’ayons pas peur des mots) idiot, j’ai personnellement du mal à avoir de l’attachement pour ce bonhomme qui me laisse incrédule quant à ses actions et ses choix. Si le premier nous présentait un anti-héros cherchant la rédemption, la suite de la série a préféré surenchérir sur son côté violent jusqu’à le rendre ridicule. Certains ont aimé, pas moi. Il fallait que je le dise.

 
En conclusion, malgré ses évidents défauts, j’ai beaucoup aimé Dante’s Inferno. Peut-être parce que ça me changeait de God of War, justement. Sans doute, aussi, pour la nervosité des affrontements et le gameplay bien étudié. Mais plus que tout, c’est l’ambiance et les décors qui m’ont plu et tout de suite happé dans l’univers malsain imaginé par Dante Alighieri, et le véritable sentiment de découvrir, en même temps que le personnage, des panoramas captivants malgré les ignobles sévices qu’on y voit. Un véritable voyage horrifique, certes imparfait, mais qui pour le prix actuel du jeu (je le rappelle : 10 euros !) vaut largement le coup. Un très bon beat’em all, qui souffre juste de la comparaison avec son mentor (God of War 3, pour ceux qui n’auraient pas suivi).

 
Les notes, pour ceux atteints du pêché de la paresse :
GRAPHISMES : 3/5
GAMEPLAY : 4/5
BANDE-SON : 4/5
DUREE DE VIE : 3/5

Note globale : 14/20
Note du testeur : 17/20

MacGregou, avec l’aide inestimable de Tetsuoshima (son âme damnée)

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MAJ Bibliographie

Une grosse mise à jour de la bibliographie a été réalisée : 18 ouvrages rajoutés (portant le total à 182), ainsi qu’une vérification de l’intégralité des liens d’achat, quelques ouvrages étant de nouveaux disponibles tandis que d’autres plus du tout.

Vous pourrez retrouver la bibliographie complète à cette adresse : https://paderetro.com/bibliographie-du-retrogamer/ Et ci-dessous les 18 ouvrages rajoutés.

Une seconde mise à jour de 18 ouvrages sera réalisée sous 2 semaines, portant le total à 200.

 
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