ATARI : 20 ans de consoles

Atari fait parti de ces constructeurs de la première heure du jeu vidéo. Marque emblématique et connue de tous, cette dernière sera présente durant près de deux décennies sur le marché des consoles de jeux (portables ou salon) avec des machines mythiques et d’autres un peu moins…

Ce dossier vous propose un petit état des lieux des productions hardware de la firme sur une période s’étendant du milieu des années 70 à celui des années 90 et débutant avec un système arcade consolisé pour l’usage domestique…

1975- ATARI Pong :

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Le système Pong est une version domestique de la borne arcade éponyme d’ATARI proposant un jeu de tennis minimaliste qui deviendra une légende du jeu vidéo. Le système fut produit pour la saison des fêtes de fin d’année 1975 (malgré les réticences des distributeurs ne souhaitant pas commercialiser la console au profit des Odyssey de Magnavox) et sera un véritable succès rendant les 150.000 unités initiales très vite en rupture de stock. Il restera populaire jusqu’au tout début des années 80.

1977- ATARI VCS :

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La VCS d’ATARI est la première console à cartouche du constructeur. Elle se présente sous la forme d’un pupitre lourd et encombrant à la finition bois. La console propose un port cartouche (pour les jeux) ainsi que 6 interrupteurs permettant (de gauche à droite) de mettre sous/hors tension la machine, de sélectionner le type de téléviseur (couleur ou monochrome), de choisir le niveau de difficulté pour le joueur « gauche », de choisir le niveau de difficulté pour le joueur « droit », de passer d’un mode de jeu à l’autre et enfin d’effectuer un reset sur le système.

Deux modèles seront produits : le « heavy sixer » avec un blindage RF lourd (premiers modèles), et les « light sixer » avec le blindage RF leger (dès 1978).

Il est intéressant de noter que ces machines sont à processeur unique (un MOS6507 8bits cadencé à 1,19MHz) . Ce dernier doit donc gérer à lui tout seul l’intégralité des fonctions de calculs, d’affichage ainsi la restitution des sons.

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Dig Dug & Pacman
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Space Invaders & Astroblast

1980- ATARI VCS-S :

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Second modèle de VCS, la version S propose une machine allégée en poids. La finition bois est conservée mais les mensurations de la bête sont revues à la baisse et 2 interrupteurs de façade disparaîtront de cette dernière (les deux permettant de sélectionner les niveaux de difficultés pour les joueurs « gauche » et « droite » pour être déplacés sur l’arrière de la machine. La console sera la première de la gamme à sortir en France (en septembre 1981).

1982- ATARI 2600 (VCS-Sv2) :

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La troisième itération de la gamme VCS sera la première à porter le nom de 2600. Elle reprendra les caractéristiques ergonomiques de la VCS-S (donc les 4 interrupteurs de facade) mais abandonnera la finition bois pour une robe 100 % plastique noir et une sérigraphie rouge et orangée.

1982- ATARI 5200 :

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Atari décidera de passer à la vitesse supérieur en renforçant sa gamme de consoles de salon avec la 5200. Elle sera basée sur l’architecture matériel de l’ATARI 400 (micro-ordinateurs 8bits sorti en 1979). La console se présente sous la forme d’un pupitre capable d’accueillir les pads dans un compartiment de rangement situé sur le haut de son boîtier et sera équipée de série avec 4 ports manettes. La 5200 ne sera malheureusement pas compatible avec la très vaste ludothèque de la 2600 alors que cette dernière était toujours commercialisée et que des jeux continuaient encore à sortir en masse.

La console reprendra la base technique mono-processeur de la VCS/2600 avec une puce plus élaborée (un MOS6502 8bits cadencé à 1,79MHz) qui lui proférera une puissance plus élevée que celle de son aînée.

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Pitfall! & Mario Bros
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Ms Pacman & Galaxian

Son succès sera anecdotique et la console ne sortira pas du continent américain en raison du fait que les versions européennes de la VCS/2600 étaient encore trop récentes (seulement 2 ans) sur le marché et que le consommateur n’était pas encore prêt à changer de système.

1983- ATARI 5200v2 :

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Tout comme pour la VCS/2600, la 5200 bénéficiera d’une révision qui fera désormais l’impasse sur les 4 ports manettes au profit d’un plus conventionnel duo de contrôleurs. La console aura également une modification de son port cartouche afin de permettre le fonctionnement d’un adaptateur pour faire tourner les jeux 2600, chose impossible sur la première itération de la machine sans devoir prévoir une modification technique de la carte mère.

1985- ATARI 2600Jr :

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Quatrième et dernière version du système VCS/2600, le modèle Jr (pour junior) proposera un design tranchant totalement avec celui d’origine afin de coller à celui de la future ATARI 7800. Exit donc ici les classiques interrupteurs de type « switchs » au profit de poussoirs « à plat » et de boutons de type « push ». Du coté des améliorations, la Jr possède un processeur central légèrement améliorée par rapport à celui des modèles classiques de VCS/2600 et permet un affichage plus précis des dégradés de couleurs sur les backgrounds des jeux.

La 2600Jr clôturera une épopée commerciale de 8 années pour les modèles de la gamme avec un succès mondiale dépassant les 30 millions d’exemplaires écoulés (toutes versions confondues de la VCS/2600) faisant d’ATARI un leader du secteur avec, à son apogée, des parts de marché atteignant les 80% !

1986- ATARI 7800 :

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Alors que la NES/Famicom de Nintendo et la MasterSystem/MarkIII de Sega sont déjà sur le marché des consoles de 3eme génération, ATARI sortira son modèle 7800 pour prendre sa part de marché sur le secteur du jeu vidéo de nouvelle génération.

La 7800 aborde un design hérité de la 2600Jr et propose une rétrocompatibilité totale avec les jeux issus des systèmes VCS/2600 sans avoir besoin d’un adaptateur comme ce fut le cas pour la 5200.

Il est à noter que ce nouvel hardware ne sera pas développé par ATARI mais par General Computer Corporation, une société historiquement aux cotés d’ATARI puisqu’elle fabriquait les kits de conversion pour les bornes d’arcade du constructeur et produisait également de nombreux jeux sur les différents systèmes de la marque.

Le processeur centrale restera le même que celui utilisé sur la 5200 (un MOS6502 8bits cadencé à 1,79MHz) et, pour la première fois sur un modèle estampillé ATARI, un processeur graphique fera son apparition lui permettant de produire des graphismes potentiellement concurrentiels avec ceux des nouvelles venues de Nintendo et Sega. Malheureusement, et ce malgré le fait que la console puisse enfin sortir un signal RGB en péritel, ces derniers offriront des couleurs pales et un affichage général beaucoup trop downgrade par rapport à la concurrence…

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Galaga & Xevious
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Donkey Kong & Alien Brigade

Avec des ventes légèrement en dessous des 4 millions d’unités vendues à travers le monde, la 7800 sera bien loin derrière les 8 bits du plombier et du hérisson (avec respectivement 61,9 et 13 millions de machines écoulées).

1987- ATARI XEGS :

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La XEGS fait un peu office de console hybride puisqu’elle est basée sur l’architecture matériel du micro-ordinateur ATARI 65XE (issu de la gamme 8bits de la marque) dont elle partagera l’intégralité du catalogue software (autant au niveau des jeux que des applications). Un clavier optionnel permettait d’ailleurs de transformer la XEGS en un 65XE.

1989- ATARI Lynx :

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Initialement prévue pour sortir en 1987 sous le nom de « Handy » et sous la marque Epyx, le projet fut racheté par ATARI puis légèrement modifié pour finalement sortir juste avant 1990.

Coté technique, la console possède un processeur central MOS65C02 8bits cadencé à 3,6MHz épaulé par un processeur graphique 16bits capable d’afficher 16 couleurs parmi 4096. La Lynx (comme elle fut nouvellement nommée) sera d’ailleurs la première console portable doté d’un écran LCD couleur et permettra des options d’ergonomie dédiées au gauchers de par la possibilité de renverser l’écran à 180 degrés et ainsi permettre à ces joueurs de profiter au mieux de l’expérience de jeu proposée. Le réseau était aussi au coeur du gameplay puisque 8 joueurs pouvaient se connecter en même temps via un câble dédié à cet effet.

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California Games & Checkered Flag
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Batman Returns & Blue Lightning

Malgré des spécifications techniques indéniablement supérieures à celles des portables qui rentreront en concurrence avec elle dans les années qui suivront (Game Gear et GameBoy), la portable d’ATARI n’arrivera pas à trouver son public et ce, en raison d’une autonomie faible et énergivore et d’une trop faible ludothèque.

1991- ATARI Lynx II :

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La seconde version de la Lynx proposait une prise en main accrue due à la présence de grips au niveau de la position de la paume des mains. L’écran fut amélioré et l’autonomie de la console (véritable point noir de la première itération) sera améliorée avec, notamment la présence d’un mode veille permettant d’économiser les ressources énergétiques de la machine.

La console optera pour une forme plus moderne et des mensurations sensiblement réduites ainsi qu’une croix de direction plus large et des boutons plus confortables.

Tout comme pour sa première itération, la Lynx II n’arrivera pas à s’imposer sur le marché des portables. Elle clôturera l’expérience d’ATARI sur cette branche du marché vidéoludique avec un petit score d’environ 6 millions de machines écoulées entre 1989 et 1995 (tous modèles confondus) une fois de plus derrière les leaders du secteur que seront Nintendo (avec ses 119 millions de GameBoy) et Sega (avec ses 10,6 millions de GameGear) mais bien devant le tandem NEC/Hudson (avec ses 1,5 millions de PCEngineGT).

1993- ATARI Jaguar :

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La jaguar est la résultante d’un projet avorté (la Panther) et se trouve être un méli-mélo technologique basé sur un processeur central 16bits, un processeur graphique 32bits et un processeur d’objets/blitter 64bits. Bref, vous l’avez compris, l’architecture matériel de la Jaguar mange un peu à tous les râtelier malgré que la conception quelque peu avant-gardiste de la console (rappelons que nous étions alors en plein essor des consoles 16bis avec la Super Nintendo et la Megadrive) semblait être assez prometteuse.

La console permet le jeu en réseau (via le JagLink) et possède un pad surdimensionné équipé d’un mini clavier numérique capable d’accueillir des overlays (pièces de plastique souple à disposer sur le clavier du pad pour illustrer les fonctionnalités des boutons pour un jeu en particulier).

En fin de vie, la console se verra dotée d’un lecteur CD (le JagCD) afin de tenter de rentrer en concurrence avec les naissantes Playstation et Saturn (de Sony et Sega, respectivement).

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Alien Vs Predator & Attack Of The Mutant Penguins
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Brutal Sports Football & Power Drive Rally

Malgré toutes les tentatives (parfois très maladroites) pour essayer de vendre sa console, ATARI n’arrivera pas à dépasser les 250.000 unités écoulées à travers le monde… Un score qui s’explique par une sortie prématurée de la console sur un marché en pleine mutation qui ne permettra pas à la Jaguar de voir venir l’ère de la 3D polygonale texturée rendant la machine totalement obsolète à la sortie des 32bits incapable de sortir des graphismes supérieurs à ceux d’une Megadrive 32X là où des consoles comme la Playstation de Sony ou la Saturn de Sega (qui devait initialement être de la même trempe que la Jaguar mais Sega aura heureusement eu tout juste le temps de modifier son hardware pour le rendre plus puissant face au spécifications annoncées de la console de Sony) affichaient des graphismes à milles lieux de la petite dernière d’ATARI. Les éditeurs tiers abandonnèrent le support et le peu de courageux qui osèrent s’y aventurer ne surent pas tirer profit de la puissance de la machine (pourtant, il existe de très bons jeux qui prouvent que la Jaguar en avait sous le capot si tant-est qu’elle eut-été bien maîtrisée).

Conclusion :

Ce dossier nous a permis de retracer la carrière d’un constructeur pionnier dans le mode du jeu vidéo. Malgré des machines mythiques, ATARI n’aura pas su s’imposer comme un leader de l’industrie après l’arrivée des mastodontes Nintendo et Sega dans le milieu des années 80. L’absence de clairvoyance quand à l’avenir du rendu graphique des jeux dans la fin de la seconde partie des années 90 (la 3D polygonale texturée pour ne pas le citer…) aura malheureusement eu raison de ce constructeur qui aura fait rêver de nombreux semi-quadragénaires et full-quadragénaires actuels dans leur plus tendre jeunesse.

Atari laisse tout de même derrière lui un très beau préambule de l’histoire du jeu vidéo qui ne sera malheureusement pas pérennisé en raison de 2 virages mal maîtrisés (le passage aux consoles de 3eme génération puis celui de la 5eme génération).

DarkPengoo

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