Capcom CPS 2

Le Capcom Play System second du nom (plus généralement nommé CPS2) est un système de jeu-vidéo d’arcade sorti en 1993. Tout comme son aîné, le CPS (tout court) sorti en 1988 et qui verra tourner sur ses puces des hits comme Captain Commando, Ghouls’n Ghosts ou encore le mythique Street Fighter II, il permettra à des millions de boutonneux (mais pas que) de s’adonner aux plaisirs et aux joies de claquer leurs pièces de 10 balles pour d’épiques parties de grosses tueries vidéo-ludiques.

no-pics

Le CPS2 est donc une mise à jour de la première itération du hardware de Capcom, toujours basé sur le duo Motorola 68000/Zilog Z80 très commun à cette époque puisqu’il sera également présent sur le système NeoGeo d’SNK mais aussi bien avant sur le fameux System16 de Sega (en 1985 et qui sera la base de la Megadrive).

no-pics

Une vitesse processeur augmentée, une puce graphique plus performante et une mémoire plus vaste permettront à cette nouvelle carte mère de bénéficier de spécifications intéressantes pour monter à l’assaut du système star d’SNK (sorti en 1990) qui commence à proposer des productions de plus en plus efficaces et avancées.

no-pics no-pics
Comparaison entre deux Beat Them All de 1993 sur CPS (Cadillacs and Dinosaurs) et NeoGeo ( Sengoku 2)

Le CPS2 se décompose en 2 cartes bien distinctes. La première, nommée A-Board est la carte mère comportant les composants du système. La seconde, nommée B-Board est tout simplement le PCB du jeu.

no-pics

Pour la compatibilité des zones géographiques, Capcom affectera à ses cartes un code couleur bien spécifique :

– Bleu pour l’Amérique du nord et l’Europe.
– Vert pour le Japon.
– Gris pour l’Asie.
– Orange pour l’Amérique du sud.
– Rose pour le Brésil.

no-pics

Deux modèle supplémentaires verront le jour, abordant de nouvelles couleurs pour bien les différencier des autres :

– Jaune pour les systèmes de location.
– Noir pour les systèmes 2in1 (A-Board et B-Board fusionnés sur un même PCB).

no-pics

Il est également intéressant de noter que les modèles de B-Board jaunes (donc destinés à la location) fonctionnent, en plus de leur A-Board jaune, sur les A-Board bleues et vertes et inversement pour les B-Board bleues et vertes qui fonctionne aussi très bien sur les A-Board jaunes.

Pour la protection contre la copie et le piratage, Capcom introduira un système de clés chiffrées contenues dans de la mémoire RAM sur les jeux et alimentées par des piles au lithium. Si par malheur la pile venait à se vider, le contenu de cette mémoire disparaissait rendant ainsi impossible l’utilisation du jeu. On nomme ce procédé le CPS Suicide et il était vraiment important pour l’exploitant de vérifier le niveau des piles sous réserve de devoir envoyer sa carte en réparation.

no-pics

Le premier jeu à sortir sur le CPS2 (en 1993) sera donc Super Street Fighter 2 The New Challengers très rapidement suivi de sa version améliorée Super Street Fighter 2 The Tournament Battle. Et comme il faut bien finir comme on a commencé, le dernier jeu à sortir sur CPS2 (en 2004) sera lui aussi un Street Fighter édité tout spécialement pour le quinzième anniversaire de la saga et portant le doux nom de Hyper Street Fighter II: The Anniversary Edition.

no-pics no-pics

Entre ses deux productions, Capcom sortira de nombreux jeux (majoritairement des VsFighters dans la lignée de sa saga phare) et fera émerger deux nouveaux mondes dans son giron :

Les vampires, succubes et autres créatures des ténèbres avec la série des Vampire/Darkstalkers qui proposera 5 épisodes (dont 2 remakes).

no-pics

– Vampire : The Night Warriors (Darkstalkers : The Night Warriors) en 1994.
– Vampire Hunter : Darkstalker’s Revenge (Night Warriors : Darkstalker’s Revenge) en 1995.
– Vampire Savior : The Lord Of Vampire (Darkstalkers 3) en 1997.
– Vampire Hunter 2 : Darkstalker’s Revenge en 1997 (remake de Vampire Hunter qui ne sortira qu’au Japon).
– Vampire Savior 2 : The Lord Of Vampire en 1997 (remake de Vampire Savior qui ne sortira qu’au Japon).

Les super-héros avec la franchise Marvel qui sera également exploitée sur 5 épisodes dont 3 cross-overs entre les univers de la franchise et ceux de Capcom.

no-pics

– X-Men Children Of The Atom en 1994.
– Marvel Super Heroes en 1995.
– X-Men Vs Street Fighter en 1996.
– Marvel Super Heroes Vs Street Fighter en 1997.
– Marvel vs. Capcom: Clash of Super Heroes en 1998.

Bien-entendu, la star des jeux de baston ne sera pas en reste puisqu’une nouvelle ramification de Street Fighter fera son apparition sur le hardware avec la série des Alpha/Zero (3 épisodes), que la série des Super Street Fighter II s’offrira 3 opus et qu’un épisode spéciale anniversaire (Hyper Street Fighter II: The Anniversary Edition) sera développé sur le tard. Bref, ce ne seront pas moins de 7 jeux de combats tirés de la franchise qui avaleront nos piécettes dans les bornes CPS2 !

no-pics

– Super Street Fighter II: The New Challengers en 1993.
– Super Street Fighter II: The Tournament Battle en 1993.
– Super Street Fighter II Turbo en 1994.
– Street Fighter Alpha: Warriors’ Dreams/ Street Fighter Zero en 1995.
– Street Fighter Alpha/Zero 2 en 1996.
– Street Fighter Alpha/Zero 3 en 1998.
– Hyper Street Fighter II: The Anniversary Edition en 2004.

Quelques jeux de combat supplémentaires seront développés avec notamment deux épisodes de la saga MegaMan dans leur version VsFighter (MegaMan The Power Battle en 1995 et MegaMan 2 The Power Fighters en 1996), Super Gem Fighter: Mini Mix (en 1997) qui proposera une cross-over dans le monde des personnages de la marque avec une direction artistique en Super Deformed et un gameplay revisité ainsi que Ring of Destruction: Slammasters II (en 1994), un jeu de catch qui n’est autre que la suite de Slammasters sorti quelques années plus tôt sur CPS et Cyberbots: Fullmetal Madness (en 1995).

no-pics no-pics no-pics no-pics no-pics

Même si le genre des jeux de baston est fortement représenté sur CPS2 (voulu par l’époque), comme toute bonne carte arcade qui se respecte, notre petit hardware Capcom proposera aussi les 3 autres grosses catégories appréciées par les joueurs des salles de jeux :

– Les Beat Them All avec Dungeons and Dragons: Tower of Doom (en 1993), Alien Vs Predator (en 1994), Armored Warriors (en 1994), Dungeons and Dragons: Shadow over Mystara (en 1996) et Battle Circuit (en 1997).

no-pics no-pics no-pics no-pics no-pics

– Les Puzzle-Games/Reflexion avec Pnickies (en 1994), Super Puzzle Fighter II Turbo (en 1996), Jangokushi: Haō no Saihai (en 1999), Mighty! Pang (en 2000), Puzz Loop 2 (en 2001) et Janpai Puzzle Chōkō (en 2001)

no-pics no-pics no-pics no-pics no-pics no-pics

– Les Shoot Them Up avec Eco Fighters (en 1994), 19XX: The War Against Destiny (en 1996), GigaWing (en 1999), 1944 The Loop Master (en 2000), Dimahoo (en 2000), Mars Matrix: Hyper Solid Shooting (en 2000) et Progear (en 2001).

no-pics no-pics no-pics no-pics no-pics no-pics no-pics

Malgré une relève arrivée très tôt (en 1996 avec le CPS3) mais qui demeurera assez anecdotique puisque seulement 6 jeux sortiront dessus, le CPS2 perdurera tout de même 11 belles années. Même si le gros du rush de jeux se fera entre 1993 (date de sa sortie) et 1999, le système restera exploité jusqu’en 2004 (avec tout de même un trou de 3 ans sans jeux entre 2001 et 2004). Plus de 40 jeux sortiront sur ce support et bon nombre d’entre eux restent aujourd’hui encore des références dans leurs domaines respectifs.

Actuellement, le CPS2 est une carte arcade reconnue comme très fragile au niveau de son alimentation électrique. Bien loin du tank MVS d’SNK qui se goinfre sans broncher d’alimentations basiques de type PC, le hardware de Capcom demande tout de même une attention particulière à ce sujet afin d’éviter de graves problèmes de surtensions sur ses circuits. Il conviendra donc de bien respecter certaines contraintes pour pouvoir l’utiliser chez soi.

no-pics

Concernant les B-Boards et leur système de protection contraignant, sachez qu’en 2003, une solution sera trouvée pour enrayer le problème des piles de backup grâce à une modification des ROMs contenues sur les PCB appelée Phoenix. Les jeux « phoenixés » ne nécessitent donc plus cette satanée pile qui rendait les jeux inutilisables une fois déchargées. C’est donc tout naturellement vers cette solution que je vous propose de vous tourner si d’aventure vous décidiez de rentrer ce système sur une de vos bornes (voir même en le « consolisant » via un supergun). Pour les puristes du genre qui ne souhaitent pas utiliser ces cartes modifiées, de nombreux tutoriels sont disponibles sur le net vous permettant (à vos risques et périls) d’effectuer le changement de pile.

En ce qui concerne l’héritage laissé par le CPS2, sachez que, tout comme pour l’ère des 16bits à l’époque du CPS, une grosse partie des titres sortis sur le hardware seront portés sur les 32bits puis sur les 128bits (souvent dans des compilations pour cette génération de console). Les meilleurs portages 32bits de ces jeux seront fait sur la Saturn de Sega (dont je vous invite à lire le dossier consacré à ses conversions en suivant ce lien) en raison de son architecture matériel très proche de celle de la carte Capcom mais aussi grâce à la possibilité d’ajouter de la RAM à la console via les cartouches d’extension disponibles. Bien entendu, la Playstation de Sony n’est pas en reste mais sachez que sa mémoire interne faible pour les environnements 2D sera compensée par des sacrifices graphiques (principalement sur le framerate des animations, la palette couleur et les éléments des arrières-plans). Le système est également très bien émulé sur les plateformes informatiques mais nous ne traiterons pas le sujet ici pour des raisons évidentes…

no-pics

Voilà, vous savez donc à peu près tout ce qu’il y a à savoir sur ce monument des salles d’arcades lancé par Capcom en 1993 pour tenir la dragée haute à SNK et sa NeoGeo. D’ailleurs, tout comme pour cette dernière, une version de salon sera produite mais elle fera l’objet d’un future dossier d’ici quelques temps…

DarkPengoo

Publicités