Commander Blood – PC

Par mickmack
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Commander Blood est un jeu Cryo sorti en 1995. C’est le 2e jeu de la saga capitaine Blood, qui comporte 3 épisodes.le 1er, l’arche du capitaine Blood, sorti en 1986 est un jeu mythique des 8-16 bits.

On y incarnait Blood, un voyageur de l’espace qui au gré de ses pérégrinations intergalactiques rencontrait différents personnages sur leur planète. Mais le succès était surtout dû à une révolution: un système de langage par icônes intégré, on pouvait composer des phrases en alignant les pictogrammes, chacun d’entre eux représentant un mot à la manière d’un alphabet intergalactique. Et le dialogue avec les entités aliens se faisait ainsi, de façon incroyablement riche et complexe. Qui n’a pas versé une larme quand le petit Yoko demande « toi trouver papa petit Yoko? *pleur* *pleur* » ou frémi quand un Croolis nous dit en guise de bonjour « moi Mort Génétique. Moi aimer guerre *rire* *juron* *insulte* »

L’épisode qui nous concerne aujourd’hui, sorti 10 ans plus tard, reprend le principe du voyage intergalactique. Nous incarnons toujours Blood, on travaille pour un certain Bob Morlock qui, au crépuscule de sa vie, veut assister au big bang et nous charge de l’y conduire. Il s’emmerde pas.

Autant le dire tout de suite, si le jeu reprend tout le bestiaire du 1er opus, des Izwals aux Croolis, des Migraxx aux Slimes et les Ondoyantes (si, si, parait qu’elles existent), en revanche le système de langage pictographique est abandonné pour retourner à du plus classique QCM type point&click. C’est plus dirigiste. Mais les extra-terrestres s’expriment toujours dans le petit nègre (la LICRA SVP ne tapez pas) qu’on aime bien, le petit Yoko vous dira toujours « moi aimer toi, toi gentil » et les « juron, insulte » sont une référence sympa au 1er Blood, un peu de fan service n’ayant jamais fait de mal.

L’écran de jeu représente l’intérieur du vaisseau, avec notre main tentaculaire à l’écran. Le vaisseau, circulaire, est composé de 4 zones:

-la zone « carte stellaire » qui permet de voir quelles planètes ont été découvertes, et de s’y rendre en quelques secondes d’espace-temps avalé dans une gerbe de lumières. De nombreuses cinématiques ont dû être réalisées sur un logiciel 3D de l’époque, ça fait un peu vieillot mais chaque planète possède son propre style et c’est artistiquement joli.

-le 2e espace représente un Orxx, qui est l’entité qu’on envoie sur les planètes. Un peu comme un avatar en fait. Bleu aussi, mais en forme d’orque, d’où le nom. L’avantage, c’est qu’on en a une quantité infinie, donc si l’émissaire se fait latter par un Croolis un peu énervé, c’est pas grave.

-3e partie, la télé. Car oui, dans le jeu, vous pourrez regarder des émissions de télé, de la pub du magasin sur Vénusia à HateTV, la télé des méchants Croolis. Enfin il faut un décodeur. Comme à l’époque sur C+, eh oui, pas moyen de regarder à la passoire le film de Q ici.

Et la dernière partie du vaisseau, le poste de commandement, avec le téléphone (qui sonne aussi souvent que celui de ma femme, c’est à dire beaucoup trop), la cryobox qui liste votre inventaire d’objets et de personnages, le « menu » qui en fait n’est que le menu servi le jour même au déjeuner et ne sert donc à rien…

Eh oui, car c’est un autre point fort du soft: beaucoup de choses ne servent à rien. Par exemple, il est possible de récupérer du bionium dans des phases de pilotage en 3D très datées. Mais ce bionium ne sert qu’à alimenter votre ordinateur pour qu’il vous donne des conseils. Et j’ai fini le jeu sans en utiliser une seule fois, donc inutile… Le magasin de Vénusia, vend toute une série d’objets aussi ridicules les uns que les autres. Et dans le tas, seuls 2-3 sont utiles, les autres ne sont que des conneries qui resteront dans l’inventaire jusqu’au bout, et vous auront coûté des pions bien difficiles à se procurer… Sans compter les planètes inhabitées, les dialogues qui ne mènent nulle part sauf à vous bidonner (notamment la description du rite de reproduction chez les murffalos, qui n’est rien d’autre qu’un gang-bang)…

Le déroulement du jeu suit la trame d’un point and click: on va sur une planète, on parle, on obtient des coordonnées d’une autre planète ou un objet, ça débloque une situation ou un lieu, etc… Mais ce n’est pas du tout linéaire, je dirais qu’il y a en tout 4-5 checkpoints mais que la façon d’arriver à chacun d’eux est très libre. On a vraiment l’impression de se balader dans un monde déglingué peuplé de hideux aliens. Oui, les persos sont tous plus laids les uns que les autres, et représentés en petites vidéos de marionnettes faites avec trois bouts de ficelle.

Ainsi Tina Burner, qui ressemble beaucoup au gremlin femme de gremlins 2, m’a tout l’air d’une chaussette maquillée vite fait. C’est énorme et totalement assumé. Un côté Muppets sous acide dans l’espace. En fait, on a souvent l’impression que le jeu se fout un peu de votre gueule. Le sorcier qui veut prendre votre empreinte digitale, vous demande de cliquer sur la souris, et vous engueule car vous n’avez pas cliqué assez fort, l’examen pour obtenir le diplôme BIROUT avec des questions du type « quel grand penseur a dit : le murffalo est à celui qui le mange? » et qui deviennent donc du die and retry, voire l’ordinateur Honk sensé vous conseiller tout le jeu, mais 99% de ses conseils vont vous planter…

La musique est incroyable et reste dans la tête de nombreuses heures après la fin du jeu. Les effets sonores sont très bien faits: pas de voix, enfin si, des borborygmes extra-terrestres tout à fait crédibles et traduits en temps réel (quel génie). Bref l’ambiance du jeu est exceptionnelle, donc si vous êtes fan du guide du routard intergalactique, rejoignez Blood et essayez de remonter au big bang ou de séduire une ondoyante (il parait qu’elles existent).

Y parviendrez vous? c’est tout le sel de ce jeu et je ne vous spoile pas la fin, mais là encore attendez-vous au foutage de gueule puissance 1000.

J’ajoute pour finir qu’il y a un 3e opus, Big Bug Bang. Ce jeu est assez similaire au 2, avec de nombreuses scènes reprises, au point qu’on pourrait quasiment penser à une extension. La réalité est plus simple: Commander Blood était prévu pour être plus long, mais il a fallu raboter pour tout mettre sur un seul CD et le 3e épisode s’avère donc en quelque sorte un 2bis. Le but de ce 3e jeu? Après le Big bang, vous devez repeupler l’univers entier à partir du seul être vivant existant, un Gluxx. Un petit goût de Sim Life complètement barré, donc. C’est tentant…

graphismes: 4/5, ils sont originaux et volontairement peu réalistes donc ont bien vieilli, à l’exception des scènes de pilotage en 3D qui sont carrément à éviter. Le design des persos est à se pisser dessus.
son: 5/5, musiques entêtantes et voix des persos spatiales…
jouabilité: 3/5, c’est très simple à manipuler, mais on aurait aimé gagner 10 secondes par voyage sur une planète, et que les dialogues se fassent plus vite.
intérêt: 5/5, impossible de le lâcher sans voir la fin. Et même 6/5 quand Fifi le Tromp commence à parler de la planète Ondoya (après être parti se palucher sur une photo, quand même, eh oui…)

Note globale: 5/5. Un jeu culte, drôlissime, humour au 1er, 2e et 3e degré, à essayer absolument.

Ce jeu est téléchargeable en version install automatisée sur le site lost treasures. si vous le téléchargez maintenant, dans 15 minutes vous pourrez y jouer. Alors dépêchez-vous.

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