Sonic Generations – Microsoft Xbox 360

Par DMusashi
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Back to the Future

Il y a maintenant 14 ans, je mettais une branlée à ce cher Dr. Robotnik dans le premier opus Master System de Sonic, le hérisson bleu. Il y a 6 ans, je prenais une claque monumentale en finissant Sonic Adventure pour la première fois, après m’être arraché la tignasse avec les pseudo-phases de pêches de Big. Il y a 4 ans, je (re)découvrais la sacro-sainte trilogie « Sonic the Hedgehog » sur Mega Drive. Aujourd’hui, j’ai joué à Sonic Generations.

Vous l’aurez compris, mon expérience vidéo-ludique a été bercé par le rythme qualitativement relatif des jeux estampillés Sonic. Héros d’une jeunesse, et certainement d’une vie de Geek, le virage « Sonic Adventure 2 » a été extrêmement difficile à prendre pour notre féru de vitesse. 10 ans après cet épisode anniversaire de très haute volée, le bilan est effectivement mitigé, entre un reboot inefficace et hué par la critique, et des spin-offs Wii intéressants (du moins pout The Secret Rings) mais bien trop maigre par rapport au passé du hérisson. A suivi ensuite le combo Unleashed/Colours, annonciateur d’espoir et de renouveau de la série. Le premier offrait des phases de plates-formes grisantes malgré les quelques imprécisions du gameplay, tandis que le second proposait un level-design extrêmement jouissif. La Sonic Team n’a pas oublié non plus d’apporter un soin particulier à l’habillage graphique et sonore. Plus « prototypes » que réels jeux utiles à la mythologie de la saga, le studio de développement commence dès lors à trouver la voie. Celle d’une renaissance pour la mascotte de SEGA, mais aux dépens de nombreux fans, peut-être un poil trop conservateurs, et gardant une image statique de Sonic, oubliant dès lors qu’il a eu au moins le mérite d’évoluer. Bref, si les 10 premières années du hérisson sont couronnées de succès, les 10 suivantes pouvaient se révéler prophétiques d’un destin sombre pour le piquant animal.

Pourtant, Sonic Generations va assumer cette période de traversée du désert, et va même la sublimer, pour finalement rendre un très bel hommage, bien qu’incomplet et peut-être beaucoup trop succinct, aux différentes épopées qu’à vécu notre héros. Montez avec moi dans la DeLorean, un petit tour dans le temps s’impose.

Une aventure, deux hérissons

Si le scénario de Sonic Generations tient en deux lignes sur un string, il n’est évidemment qu’un prétexte au gameplay utilisé dans le jeu. Si cela peut agacer les puristes de la période « Adventure », avides d’éléments nouveaux et riches pouvant être apportés à la série, il ne faut pas oublier que celle-ci est en phase de transition et se cherche encore. Le pompeux « Sonic 4 », dont le principal défaut était finalement son nom, n’apporte effectivement rien à l’univers de la saga, bien qu’il fut développé par Dimps. On peut donc se réjouir, dans un sens, que la Sonic Team ne s’essaye pas à étoffer une mythologie qu’elle ne maîtrise pour l’instant plus. Néanmoins, il faut espérer que dans un futur proche, le studio de développement soit capable de se réapproprier de manière intelligente les codes de la série, et d’apporter ainsi une réelle évolution en matière de script.

La légèreté du contenu scénaristique est donc la bienvenue, d’autant plus dans un épisode ayant pour but de rendre hommage aux aventures du hérisson, et donc, étant beaucoup plus propice à l’auto-dérision et au « fan service ». Fan-service d’ailleurs maîtrisé dans les dialogues, avec quelques références bien senties aux épisodes antérieurs. Car Sonic et ses amis, lors d’une fête d’anniversaire surprise, est happé par une bestiole pas commode dans une autre dimension, où le temps n’a plus cours. Cependant, il n’est pas seul, un autre hérisson étrangement familier ne va pas tarder à le rejoindre, et il s’agit de … lui-même, avec quelques années en moins. Dès lors, les deux compères, avec l’aide de 4 queues (de deux Tails, je veux dire), vont essayer de découvrir ce qui se trame derrière tout ça. Clins d’œils, moqueries (Sonic et son ventre bedonnant), à défaut d’être passionnants, les différents échanges entres les deux protagonistes sont toujours assez drôles. Et leur coopération ne se résume pas seulement à des taquineries : il est temps de remettre un peu d’ordre dans tout ce bordel temporel !

Gameplay antique, mais pas authentique

Les niveaux, au nombre de neuf, sont divisés en deux actes, le premier se jouant de manière classique, inspiré des opus MD, et le second, avec un gameplay plus moderne, proche de ce qui se faisait sur Unleashed et Colors. S’il n’y a pas de réelle transition entre les deux, ce qui est un peu dommage, on peut néanmoins souligner leur cohérence et leur ambiance, extrêmement semblables d’un acte à l’autre. L’impression de jouer à un même niveau, mais avec deux gameplay légèrement différents, est réelle.

Cela est sans compter le level-design plutôt inspiré de la Sonic Team, que ce soit avec notre bon vieux hérisson, ou son alter-ego contemporain. Reprenant savamment des éléments des stages d’origine, que ce soit dans les Badniks choisis ou dans la mise en scène, et retranscrits intelligemment quelque soit le gameplay sélectionné, l’esprit initial de chacun des jeux revisités est respecté à la lettre. De plus, on retrouve, à l’instar des autres épisodes next-gen, plusieurs chemins différents afin de terminer avec plus ou moins de « skill » un acte. Une fois trois niveaux terminés, le joueur se verra offrir une pelletée de défis, plutôt intéressants pour la plupart. Si certains semblent au premier abord assez simple, d’autres vont demander des nerfs d’acier afin d’obtenir le fameux Rang S, beaucoup plus accessible dans ce jeu, puisque dans les niveaux classiques, il suffit de le terminer dans un temps moyen, sans perdre de vie, pour mettre la main dessus.

Aussi, terminer ce trio de « level » donne l’accès à un rival, mais également à un boss. Lors de ces confrontations, certains éléments ajoutés auraient pu s’avérer dispensables. On peut certes penser que cela est justifié par une actualisation de ces confrontations, mais pas sûr que cela plaise à tout le monde. Cependant, on retrouve tout de même les sensations d’origine au bout du pad’.

Si les développeurs ont su mettre à jour convenablement chacun de ces univers, ils ont également conservés les quelques défauts de la jouabilité moderne. Effectivement, le saut du hérisson bleu est toujours assez spécial à manier, notamment du fait qu’un certain temps de latence s’intercale entre la pression sur le bouton et le bond à l’écran. Sans être un réel problème, il demande surtout l’adaptation du joueur à un certain timing. Seulement, cette pseudo-tare s’est déteinte sur le gameplay classique, et ce pauvre Sonic d’antan subit dès lors le même problème, étant plutôt lourd à manier. Sans réellement savoir pourquoi, c’est plutôt l’inverse en ce qui concerne les phases dans l’eau : notre hérisson fait des bonds de géants, mais heureusement, le level-design est adapté en conséquence.

Autre problème, la caméra parfois brouillonne, et qui entraîne des bugs très rares, mais surprenant, comme la vue de derrière style Sonic moderne, mais en jouant avec le Sonic classique. De même, la Homming Attack est quelque fois hasardeuse, et peut entraîner des pertes de vies assez frustrantes … C’est dans c’est moment là que l’on a  envie de tenter soi-même une Homming Attack avec la manette contre sa télé.

Sur ces points, et comme d’habitude avec cette génération de consoles, la Sonic Team ne semble pas arriver/vouloir (rayez la mention inutile) trouver un palliatif à ces problèmes. Néanmoins, les développeurs ont eu l’idée de permettre aux joueurs d’adapter le gameplay à leur façon de jouer. Le jeu ajoute en effet une demi-innovation, qui est celle des compétences, celles-ci déjà présentes dans les jeux Wii de la saga. Au fil des niveaux, celles-ci se débloquent et permettent d’équiper nos deux hérissons de différentes aptitudes, plus ou moins intéressantes. Cependant, leur gestion n’est que secondaire, mais peut paraître bien pratique pour certains succès, puisqu’il sera possible de rendre l’un des deux héros plus rapide ou plus résistant. Cette fonctionnalité rajoute donc une petite dose de stratégie dans la manière d’appréhender les niveaux, et surtout pour mener la chasse aux Rangs S de la meilleure manière possible

Ce bilan est donc à relativiser : les quelques bugs sont assez peu fréquents, et le gameplay classique redonne carrément des frissons. On retrouve des sensations assez proches de celles vécues une fois le pad’ MD entre les mains. Si ce sentiment « old-school » fonctionne aussi bien, ce n’est pas juste une question de boutons, mais également une question d’atmosphère. Et celle de Sonic Generations est une réussite.

Ambiance sonore et esthétique : au poil (de hérisson) !

S’il y a bien un point sur lequel les aventures du hérisson n’ont jamais régressé, c’est bien sur le plan musical. De Sonic the Hedgehog à Sonic Adventure, en passant par Sonic CD et Sonic Colours, les jeux de la série ont toujours eu droit à des composition des très bonnes qualités. Dès lors, il n’est pas difficile pour Sonic Generations de briller à ce niveau, en reprenant 20 ans de bande-son de haute volée. Entre les percussions d’antan retrouvées dans Green Hill et le remix très électronique de Speed Highway en version classic, tous les genres sont représentés, pour le plaisir de certains, ou le malheur de quelques puristes. Entre nous, le remix de Stardust Speeway JAP est certainement LA raison qui m’a fait craqué pour le jeu. Aussi, c »est d’ailleurs l’un des domaines dans lequel le jeu est le plus efficace en matière de Fan-Service, celui-ci proposant une salle de collection où l’on retrouve cinématiques, illustrations, liste des persos, et musiques (également des figurines, mais à l’intérêt plus limité).

Néanmoins, pour un épisode anniversaire, les fans étaient en droit d’attendre peut-être plus. Il suffit de repenser à Sonic Jam et son musée extrêmement bien agencé, avec des bonus plutôt sympa. Si en terme d’OST, Sonic Generations est blindé, il aurait été intéressant d’ajouter certaines cinématiques cultes d’épisodes antérieures (l’introduction de Sonic CD avec « You Can Do Anything », par exemple ?). Il s’agit d’ailleurs d’un des problèmes du jeu : la quantité, même si la qualité est au rendez-vous.

Les niveaux sont extrêmement bien réalisés, et, comme en matière de gameplay, respectent à la lettre leur âme d’origine. Les loopings et les palmiers de Green Hill, la Death Egg qui s’élève dans les cieux de Sky Sanctuary (l’un des plus beaux moments du jeu, et des plus forts en matière de nostalgie), les Badniks ouvriers sur la Planet Wisp, le jeu est bourré de références, et reste très agréable à l’œil malgré la célérité avec laquelle les décors défilent. Le moteur graphique de Sonic Unleashed reste donc extrêmement efficace, et les arrières plans, en plus d’être détaillés, sont suffisamment limpides pour ne pas nous abreuver de détails durant les phases rapides du jeux. Il faut quand même préciser que malheureusement, la version console subit parfois de belles chutes de framerate, ce qui est assez surprenant, sachant que l’épisode Unleashed ne souffrait d’aucun problème. De ce point de vue, les joueurs PC sont bien mieux lotis.

D’une certaine manière, ces niveaux constituent également l’un des points reprochables du soft : s’ils sont bien réalisés, ils sont cependant peu nombreux, malgré le fait qu’ils soient divisés en 2 actes, chacun prenant au mieux 5 minutes de votre temps (sauf l’infernal Planet Wisp). Outre le choix fait par les développeurs de reprendre telle ou telle zone, ceci dépendant des goûts de chacun, on peut vite considérer que les défis qui y sont attachés ne constituent qu’un allongement artificiel de la durée de vie. Parfois intéressants, ou proposant un challenge corsé, l’impression de refaire toujours les mêmes niveaux, mais cette fois soumis à conditions, à de fortes chances d’en agacer plus d’un. Ce n’est peut-être finalement pas un problème de nombre, mais de diversité, 4 niveaux sur 9 se déroulant dans un milieu urbain. Mais peut-être est-ce la passion qui parle plus que la raison : la qualité étant au rendez-vous, et tous les « sega-maniaques » ayant certainement imaginé ce qu’aurait donné leur niveau préféré une fois réactualisé. On attend cependant de la Sonic Team, pour un prochain opus, la création de niveaux inédits et beaucoup plus nombreux, tout comme les deux Sonic Adventure ont su nous l’offrir il y a déjà  plus de 10 ans.

Graphismes : 4
Le charme des niveaux anciens est respecté, et les plus récents ont droit à une mise à jour d’excellent qualité. Le tout en étant fluide et coloré, le « Hedgehog Engine » est encore efficace aujourd’hui, malgré des ralentissements inexistants sur PC, mais pas sur consoles.

Bande-son
: 5
Une partition quasi-parfaite, tant dans le choix assez éclectique des morceaux et une ré-orchestration très réussie pour chacun d’entre eux. En bref, ça envoie du bois, et l’OST sera certainement mienne dès sa sortie, programmée en 2012.

Gameplay
: 4
Encore imparfaite, la jouabilité est toute même très satisfaisante en mode classic. Le gameplay moderne possède toujours quelques défauts, mais ceux-ci sont de plus en plus minimes. Encore quelques efforts à faire pour la Sonic Team.

Durée de vie
: 4
Le nombre de niveaux, bien que corrects, aurait pu être plus étoffé ou varié, sachant que l’on pouvait en attendre plus d’un épisode anniversaire revisitant les 20 ans d’existence du hérisson. Les items à débloquer grâce aux médailles rouges et aux défis rallongent cependant la durée de vie.

Replay value : 4
Les défis proposent un challenge intéressant, et la chasse aux rangs S va certainement tenir en haleine les joueurs les plus chevronnés. Cependant, malgré leur diversité, certains d’entre eux seront certainement lassés de refaire encore et encore les mêmes niveaux.


Verdict du Ninja
: 17/20

Sonic Generations est un épisode convaincant, et un sympathique hommage pour les 20 ans de Sonic. Même si son contenu peut paraître insuffisant, cet opus redore enfin le blason de la mascotte de SEGA, et la Sonic Team semble trouver une voie intéressante quant à l’avenir du hérisson. La « trilogie Unleashed/Colors/Generations » semble augurer un futur plus radieux pour la série, et les fans sont en droit d’espérer un Sonic 4 Episode 2 digne de ce nom, ou un nouveau Sonic plus complet et plus proche des deux Sonic Adventure.

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