L’Aigle d’Or – Amstrad CPC

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Par Oli
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On dit qu’un sombre château isolé en Wesphalie contiendrait trois grands trésors : le Diamant Bleu, le Livre Sacré et…l’Aigle d’Or. Vous partez donc à l’aventure, simplement armé de votre courage et de votre dextérité dans les sauts. Mais avant de pénétrer dans le sombre château, vous décidez de faire un détour chez ce petit marchand, dont l’échoppe est située non loin de là. Mais que faire, avec seulement 500 pièces d’or ? Acheter le pied de biche et une torche…et donc se passer de corde et de toute fiole de santé ? La décision vous appartient. Mais pesez bien le pour et le contre. Car cette aventure ne vous pardonnera pas le moindre faux pas.

L’AIGLE D’OR est originellement sorti en 1984, sur Oric. Pour bien restituer les choses dans leur contexte, gardez à l’esprit que le chef d’œuvre ZELDA n’est arrivé qu’en 1986. L’AIGLE D’OR c’était donc une petite claque pour l’époque. Que dis-je : un véritable uppercut ! Pour ma part je l’ai découvert autour des années 85-86 sur TO7. C’était mon premier contact avec le monde balbutiant de l’informatique familial, et avec ma classe nous allions une fois par mois dans un établissement proposant des ordinateurs sur lesquels nous découvrions des sensations que nous n’avions jamais expérimentées jusque là (non les premières masturbations arriveront plus tard). C’est aussi dans cette grande salle informatique (dont je me souviens parfaitement : sombre, sans fenêtres mais paradoxalement illuminée par de nombreux yeux brillants et écarquillés) que j’ai touché pour la première fois à L’AIGLE D’OR. Et je ne m’en remettrai jamais. La preuve : regardez où ça m’a mené aujourd’hui !

On m’offrit alors ma première machine (Amstrad CPC…hélas 464 !), et je pus fièrement m’adonner à des parties de L’AIGLE D’OR chez moi, dans MA chambre, sur MON écran couleur. La classe absolue.

L’AIGLE D’OR tournait le dos aux jeux d’aventure de l’époque, essentiellement textuels. Tout était donc affiché à l’écran, et on pouvait à peu près tout faire en tapant sur une touche prévue à cet effet. P : prendre, A : s’accroupir, S : saut en longueur, D : saut en hauteur, O : ouvrir, ou encore Q pour le suicide. Oui, le suicide, vous avez bien lu ! Comme si le jeu n’était déjà pas suffisamment dur comme ça, les programmeurs ont ajouté pas mal de situations où l’on se retrouvait bloqué entre les quatre murs d’une oubliette. Et si vous ne possédiez pas de corde sur vous, c’était la mort à petit feu assurée (car en plus, notre aventurier perdait son énergie petit à petit : la faim et la fatigue, sans doute). Et donc, un peu comme pour remuer la hallebarde dans la plaie du joueur stressé à force d’arpenter les couloirs lugubres d’un château labyrinthique, les programmeurs ont choisi de le pousser au suicide ! Franchement énorme, quand on y pense. Se suicider dans un jeu destiné aux plus jeunes, ça n’arrive pas tous les jours !

Chaque action était donc prédéfinie par une touche, et les déplacements étaient effectués avec les flèches du pavé numérique. Pas de joystick ou de souris qui tienne, dans L’AIGLE D’OR. Et au final la maniabilité se révélait plutôt bonne, le jeu étant excessivement lent et les ennemis rares et lourds. On avait le temps de les voir venir et d’ailleurs on ne les combattait pas vraiment.

L’AIGLE D’OR était donc bien un jeu d’exploration et d’ambiance avant tout. L’absence de sons et les animations et graphismes très limités (même pour l’Amstrad) ne jouaient même pas en défaveur du titre, tant les silences et les salles très similaires les unes aux autres pesaient sur les épaules du joueur perdu et désespéré, complètement submergé par cette sensation de huis clos moyenâgeux.

Vous commenciez votre aventure aux portes du château, et avant de vous lancer à la recherche de trois puissants artefacts (dont l’Aigle d’Or), un passage chez le marchand s’imposait. Un marchand illustré par quelques lignes de texte grises sur un écran noir, et la possibilité d’acheter quelques objets essentiels à votre quête : pied de biche, torche, corde et fiole de santé (et non pas d’épée, la jaquette du jeu est  diabolique car mensongère !). Bien évidemment vous n’aviez pas assez d’argent pour tout acheter, aussi vous vous contentiez souvent du pied de biche (pour forcer des serrures) et de la torche (pour illuminer les salles plongées dans l’obscurité). Là où L’AIGLE D’OR frisait le sadisme, c’était dans la gestion des objets : ils s’usaient ! Il vous fallait donc, parfois, revenir sur vos pas, ressortir du château et racheter quelques outils au marchand avec ces quelques pièces que vous aviez glanées çà et là, entre un squelette désarticulé et un coffre à trésor rongé par l’humidité. Et comme ça ne suffisait pas, il n’y avait aucune sauvegarde possible (les développeurs nous obligeaient à finir le jeu d’une traite – les vaches) et les quelques parchemins disséminés dans les couloirs pour vous aider étaient rédigés…en allemand !!! Bah oui l’intrigue se déroulait en Wesphalie (oui, oui, sans T), mais bon…replacez-vous dans le contexte de l’époque et imaginez comment un gamin de 13 ans pouvait traduire des phrases en allemand avant l’apparition de Rammstein et d’Internet… Sadique je vous dis, ce jeu était sadique !

Sadique mais prenant. Terriblement immersif et enchanteur. On y croyait, à tous ces couloirs qui se ressemblaient pourtant beaucoup trop, à tous ces murs identiques. A la solitude du héros.

Hélas, malgré ma passion pour ce jeu, je n’ai jamais été capable d’en voir la fin. Je m’y suis donc replongé il y a quelques mois, soit près de 25 ans plus tard. Et chose incroyable : la magie opère toujours ! On cherche à progresser, porte après porte, à découvrir tous les passages secrets et cette satanée clé en or, à récupérer rapidement suffisamment d’argent afin de pouvoir enfin acheter une corde (parfois on aimerait se pendre avec mais en fait c’est surtout utilisé pour sortir des oubliettes) et au final on est toujours très fier de son plan du château griffonné dans un carnet. Seul témoin de nos exploits passés…et à venir, n’en doutons point.

Aujourd’hui tombé dans l’oubli, l’aigle dort. Mais sa légende vit encore.
Graphismes : 2/5
Gameplay : 1/5
Bande-son : 1/5
Durée de vie : 4/5
Note globale : 8/20
Note testeur : 15/20

L’AIGLE D’OR n’obtient pas une bonne note globale, car il faut bien reconnaître que son gameplay ne vieillit pas forcément très bien auprès de tous les joueurs. Quoi qu’il en soit, L’AIGLE D’OR est un jeu culte, qui lança les jeux vidéo d’aventure et d’exploration bien avant l’apparition de ZELDA. Bien évidemment ses contrôles paraitront extrêmement rigides à un joueur qui n’a pas connu cette époque. Mais comme les ennemis sont, eux aussi, très rigides (en plus d’être rares), ça ne pose finalement aucun problème. Un classique, auquel on prend plaisir à rejouer aujourd’hui, et qui rappellera à beaucoup d’entre nous le privilège unique que nous avons connu : celui d’avoir vécu le début de l’âge d’or des jeux vidéo.

Une vidéo de la version Amstrad :

PS : je précise qu’un certain individu qui a préféré garder l’anonymat m’a obligé à mettre des notes précises en me menaçant de remplacer ma Super Famicom par un Amiga CD 32 si je ne m’exécutais pas – je l’ai donc fait la mort dans l’âme, car ce n’est pas trop mon truc.

PS2 (non je n’irai pas jusqu’à 4 pour ne pas provoquer les trolls) : voici mon plan du château en bonus – même s’il est beaucoup plus amusant de la faire tout seul comme un grand.

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