West Bank – Amstrad CPC

Par Oli
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La ruée vers l’or a fait tourner la tête de plus d’un homme. Et à Soft City, ça sent la poudre. Préparez-vous donc pour les plus longues journées de votre vie : le révolver à la main, protégez la banque des malandrins sans pour autant trouer la peau des innocents clients. Green Jordan, le fermier, ou Daisy, la jolie fille du bijoutier, sont honnêtes et inoffensifs. Soyez plus prudent avec Bowie, qui dissimule peut-être une bombe sous son chapeau. Julius, le dandy : méfiez-vous de lui. Il peut être tendre comme un agneau ou au contraire se révéler aussi fourbe que Jack Vicious, le plus terrible des braqueurs de banque du Dakota du Sud.

Une boîte de cassettes Amstrad CPC 464 tellement grosse que je la portais à bout de bras : oui à l’époque certaines boîtes de jeux étaient plutôt imposantes (pour impressionner les joueurs néophytes)…alors imaginez les compilations ! Je ressortais donc du magasin avec cette boîte très longue, gracieusement offerte par mes parents, afin de faire mes premiers pas dans la micro-informatique familiale. Très étrangement, je ne me souviens que d’un seul des dix jeux compilés – sans doute qu’il s’agissait du meilleur titre. Du plus marquant. WEST BANK : simple mais efficace. Un shooter basique mais qui, pour moi et pour l’époque, tenait presque du rêve éveillé. Pensez donc : de superbes couleurs, des méchants aux trognes patibulaires, de la violence (on pouvait tuer des innocents !), du sang (l’impact des balles était rouge !) et un gameplay ultra rapide ! – (promis j’arrête là avec les points d’exclamation). Je n’en revenais pas ! – (oui j’ai menti). Bon, il convient somme toute de relativiser ma joie puisqu’en 1986, avec mon Amstrad CPC 464 à lecteur de cassette, ce n’était pas LA CHARGE HÉROÏQUE de John Ford, mais bien le chargement héroïque ! Oui il fallait prendre son mal en patience (seuls les vrais guerriers qui ont connu cette époque me comprendront).

Le jeu, je l’ignorais alors, s’inspirait grandement d’une borne d’arcade de Sega (plus fidèlement portée sur Master System) intitulée BANK PANIC. Plus qu’une simple inspiration, on pourrait presque parler de copie. Bien évidemment, sur Amstrad et Spectrum, le jeu avait été simplifié : les neuf portes d’une banque, et trois qui nous font face dans un premier temps. Lorsqu’elles s’ouvrent, préparez-vous : il peut s’agir de clients amenant de l’or (une jeune femme, un dandy, un fermier) ou d’un bonhomme avec plusieurs chapeaux sur la tête (il faut les shooter rapidement pour, éventuellement, dévoiler un sac d’or). Attention : si vous tirez sur ces honnêtes gens, vous perdez une vie. Idem si sous le dernier chapeau du type grassouillet précité se cache une bombe plutôt qu’un sac : un tir et c’est l’explosion. Les ennemis à truffer de plomb sont de plusieurs types : Jack Vicious, au visage dissimulé derrière un foulard et qu’il faut tuer à chaque fois. Plus délicat : le Mexicain et le dandy. Ce dernier peut aussi avoir envie de voler la banque : s’il dégaine, abattez-le sans sommation. Concernant le Mexicain il en va de même : il est louche, certes, il n’est pas blanc, c’est vrai. Mais ici on n’est pas au Texas en 2014, mais dans le Dakota du Sud au XIXème siècle : les critères précités ne sont donc pas suffisants pour abattre une personne dont la dégaine ne vous revient pas. Pour terminer il y a encore une petite feinte : il peut arriver qu’un citoyen lambda (fermier, jeune femme) se fasse violemment bousculer pour laisser sa place à l’un des trois tueurs du jeu. Prenez garde, donc. Et stay aware.

Tous ces détails mis bout à bout font de WEST BANK un jeu super dynamique (sans mauvais jeu de mot en rapport avec le nom du studio !). Il n’y a que trois portes en face de nous mais tout va vite, très vite. Il faut garder un œil sur tout : le dandy va-t-il finalement dégainer ? Le petit bonhomme cache-t-il de l’or ou une bombe sous son dernier chapeau melon ? La demoiselle laissera-t-elle sa place à un tireur sanguinaire ? Que nous réserve la prochaine porte ? Votre conjoint(e) ou vos enfants vont-t-ils faire un mouvement impromptu à côté de vous, risquant par la même occasion de déconcentrer le joueur tenace que vous êtes ? Ici chaque seconde compte, et vous n’aurez sans doute même pas le temps de vous gratter le nez, vous voilà donc prévenu : dans WEST BANK pour espérer profiter d’un moment de détente, il faut garder le doigt dessus !

Le jeu est par conséquent extrêmement sympa – et je me répète : super dynamique pour l’époque. Hélas, comme souvent avec les jeux des années 80, il y a un révolver dans le fruit. WEST BANK tient sur un concept –fabuleux, mais un seul concept malgré tout. Du coup il est très répétitif. Autre souci de taille : il y a des pics de difficulté douloureux, en particulier lors des duels à un contre trois. Ces défis épiques en forme d’énormes morceaux de bravoure, puisqu’ils vous imposent d’être en infériorité numérique (dans la grande tradition du western spaghetti), apportent un peu de variété au jeu – surtout qu’avec un timing parfait, vous pouvez gagner une extra life. Super sympas au début (un duel après chaque niveau, il y en a dix-neuf avant de pouvoir devenir shérif), ceux-ci deviennent bien vite frustrants et extrêmement punitifs. Un exemple typique de difficulté mal dosée dans un jeu micro des années 80.

WEST BANK n’en demeure pas moins un soft très fun, vif, basé sur un concept tellement simple qu’il ne vieillit pas, et qui a le mérite de nous plonger immédiatement dans l’action, et ce sans temps mort – à l’heure où la plupart des jeux modernes nous ensevelissent sous des strates de cinématiques lénifiantes, cela méritait d’être salué. (Rio) Bravo l’Amstrad !

Graphismes : 3/5
Gameplay : 3/5
Bande-son : 2/5
Durée de vie : 4/5
Note globale : 12/20
Note testeur : 15/20

Soyez prêt à dégainer ! Mais attention : flinguez uniquement les gens qui vous ont attaqué en premier. Il vous faudra donc garder un œil sur chaque détail, réagir au quart de tour – et surtout, surtout, ne pas refroidir d’innocents clients de la West Bank ! Oui, en 1986, WEST BANK était sorti sur cassette et disquette, et non pas sur cartouche. Et pourtant il crachait déjà du plomb !

Une vidéo (oui, la musique finit par devenir un brin crispante…) :

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