Iron Lord – Amstrad CPC

Par mickmack
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En janvier 1990, sortait enfin Iron Lord sur CPC. Bikini Cover Inside.

Il y a des jeux qui marquent une vie de joueur, et celui-ci le fit pour différentes raisons.

La 1ere fut que je l’avais commandé quasiment 1 an plus tôt à Micromania, avec mes sous de Noël 1988. J’avais 11 ans. Le chèque fut débité illico mais point de jeu… A chaque fois il me disaient au téléphone « on va le recevoir bientôt, il n’est pas encore sorti ». C’était une femme jeune qui me répondait, j’étais tout fou.

Et un jour, je n’y croyais déjà plus, le voilà dans ma boite aux lettres. Ce jeu, c’est celui que j’ai le plus attendu dans ma vie… Et heureusement, l’attente valait le coup! J’insère les disquettes, écran titre inquiétant mais beau, et musique qui m’emballe… je reparlerai de la musique à la fin, en aparté. Mais ce jeu, j’y ai tellement joué que j’en ai bousillé les disquettes!

On a donc affaire à un jeu d’aventure avec de nombreuses scènes d’action.

L’histoire: vous êtes un chevalier, et vous devez lever des armées pour aller combattre le terrible Zolphar. Est-il un homme, un démon? mystère. Vous commencez donc le jeu dans vôtre château, endroit où l’on peut sauvegarder, et il faut choisir une destination sur la carte. On y voit de petits villages, un moulin, une église…

Dès qu’on choisit une destination, votre cheval minuscule sur la carte s’agite et cavale alors qu’une fenêtre vous montre la cavalcade en gros plan. Arrivé au village, une animation sympathique vous montre sur votre fier destrier, passer le pont levis… Et s’affiche alors une carte en vue du dessus sur laquelle vous allez promener votre personnage de 4×4 pixels. Vous voyez le petit point dans l’angle entre les deux maisons, sur la carte en bas à droite de l’image, c’est vous. Oui, plus petit qu’un lemming sur GB (seuls ceux y ayant joué comprendront).

On se lance alors à la recherche de lieux intéressants, pour rencontrer des habitants où participer aux diverses activités que propose le jeu. Les habitants vous permettront, au fil de discussions et d’échanges d’objets, de recruter les armées nécessaires au combat. Les discussions se font comme dans un classique p&c.

Les activités sont intéressantes: vous pourrez participer à un jeu de dés, du tir à l’arc, un concours de bras de fer, ou défendre votre vie lors d’une embuscade, en combattant l’assassin à l’épée. Le jeu de dés est sympa mais répétitif, et sert juste à gagner de l’argent. Le tir à l’arc est extrêmement difficile: lors du premier tir, on a une vague idée où se trouve la cible, et on fait un tir de réglage avant d’essayer d’atteindre la cible sur les 2 suivants… c’est plutôt du tir de mortier.

Le concours de bras de fer, c’est tout simplement du track’n’field: secouer la manette le plus vite possible de gauche à droite. 9 adversaires de suite. Si vous avez joué à Decathlon sur CPC à l’époque, peut-etre vous rappelez vous de l’épreuve du 1500m, qui consistait à faire la même chose pendant 3’30 » de course sans interruption. Ici c’est juste un peu moins pire. Mais avec de la force vous parviendrez surement à vaincre Jean Brisemain ou le chevalier ancien, Harold Schartz de Naguère.
Le combat à l’épée, c’est comme le bras de fer, juste en plus difficile. Et la, si vous perdez, game over.

Les personnages sont variés, animés lors des conversations et ont tous leur petite histoire avec leurs inimitiés entre eux, cette partie du jeu est très bien agencée. Mentions spéciales à la serveuse bien bonnasse, qui lorsque vous la draguez vous répond « laissez m’en paix » (oui, les dialogues sont à la sauce moyenâgeuse), et au magicien qui fait apparaitre une femme nue dans sa boule de cristal.

Lorsque vous avez réussi à réunir suffisamment d’armées, foncez au château déclarer la guerre. Le jeu se transforme alors en mini wargame, vos armées d’un côté(représentées par leur blason) avec leurs forces et faiblesses, idem en face mais plus nombreux. La maniabilité est horrible, il faut cliquer sur chaque armée, lui donner sa direction, recliquer pour fermer, et ainsi pour chaque groupe de soldats… ça prend une plombe et on se dit qu’avec des pigeons voyageurs ça irait pas moins vite.
Cette phase est un peu longuette mais pas difficile si on sait se montrer patient et fourbe en isolant les plus faibles.

3e phase: un clône de gauntlet mais sans ennemis, vous devez trouver la sortie d’un labyrinthe, sans oublier l’épée dans chaque niveau pour combattre le méchant. C’est très difficile car la taille de la fenêtre est ridicule, car formée de l’intérieur de la bouche du crâne (soit environ 1/10 de l’écran, et encore je suis large) et donc on ne voit jamais si on se dirige dans la bonne direction ou une impasse.

Entre chaque niveau du labyrinthe, une petite phase de shoot à la Contra, ou Gryzor, au choix, jusqu’à occire le boss final. Très difficile.

Alors comment est-on passé de la visite du village de Chatenay Malabry à la destruction au laser d’une tête de squelette, je ne sais pas.

Les dernières phases du jeu, labyrinthe et shoot, sont très moyennement réalisées en monochrome, on dirait vraiment un autre jeu. C’est difficile et peu intéressant. Le jeu aurait largement pu s’arrêter au wargame, finalement. La première phase, l’aventure, est un pur régal. Se promener de village en village, sur la carte, discuter avec tout le monde, donne un plaisir de jeu et une liberté qu’on rencontrait très peu dans les jeux sur CPC à l’époque. C’est quasiment du Elder Scrolls!

Les graphismes, à l’exception de la dernière phase, sont en 4 couleurs, tons verts/jaunes/rouges (yeah man) qui permettent un graphisme fin et collent très bien à l’ambiance. Les petits détails graphiques (persos qui bougent les lèvres, cheval qui court…) se voyaient rarement à l’époque et apportent un cachet monstrueux. Un des plus beaux jeux CPC.

La maniabilité était bof, car une bonne partie se fait au curseur dirigé au joystick car pas de souris sur CPC. Sans compter qu’il fallait prendre des actions chez Quickshot car le bras de fer et l’épée ont détruit un grand nombre de manettes.
Autre défaut, le jeu tenait sur 4 faces de disquettes (énorme pour l’époque) mais il fallait souvent les changer, et ça se transformait donc en partie de grille-pain.

La musique… Pour du CPC c’est magnifique et ceux qui ont eu cette machine comprendront. Des tons médiévaux, des thèmes longs, pas comme la boucle de 20 secondes qu’on voyait trop souvent à ce moment là… Alors pour celui qui a connu le JV en 2005, c’est sur que ça peut faire saigner des oreilles. Mais à l’époque, je me rappelle qu’à l’écoute de ces thèmes, j’avais envie de mettre sur pause, de prendre mon dessus-de-lit Capitaine Flam en guise de cape, mon épée Ulysse 31 et d’aller pourfendre les démons alentour (les 2 chats de la voisine, des teignes).

Et maintenant la page culturelle: Si vous êtes de la même origine que notre ministre de l’intérieur, cette musique vous aura peut-etre évoqué quelque chose. Ils s’agit en fait d’une chanson espagnole du moyen âge, Pase El Agoa (ma Julieta Dama), que voici d’ailleurs jouée traditionnellement:

Et de manière plus lyrique maintenant, pour donner un ton d’époque:

Je l’ai écoutée en boucle en rédigeant ce test. Rien que pour ça, ça valait le coup de s’y replonger.

graphismes: 9/10 la 1ere partie du jeu, 4/10 après le wargame.
musique: 10/10. j’adore.
maniabilité: 4/10. En même temps, je ne sais pas si on pouvait faire mieux.
intérêt: 9/10 la première partie du jeu, 3/10 la suite.

Global: Allez, je vais mettre 5/5 en vous demandant d’éteindre le jeu après le wargame.
Sinon, vous n’êtes qu’un fieffé félon. Oui-da.

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