Découverte de Dynamite Headdy – Sega Megadrive

DYNAMITE HEADDY
Testé sur : Mega Drive
Développeur : Treasure
Editeur : Sega
Année : 1994
Existe aussi sur : Master System, Game Gear, console virtuelle de la Wii

Le mois de Juillet : période de stress intense, d’angoisse inextinguible, de supplice moral pour l’adepte des jeux vidéo. Juillet, le mois de l’horreur. THE mois, avec l’article en Anglais pour bien se la péter et faire durer l’insoutenable suspense qui perdure depuis trop longtemps dans ma phrase provoquant chez vous, je l’espère, une expectative intenable vous laissant bouche bée. Et faites attention avec ce fil de bave, l’amylase ça se garde dans la bouche ! Juillet, pour les lecteurs survivants que l’impatience n’a pas tués, c’est le mois des vacances. Le départ en voiture, la plage (ou la montagne pour toi ami bûcheron canadien, doux pléonasme (et j’emmerde la bienséance face aux stéréotypes (et aussi ceux qui n’aiment pas les multiples parenthèses (et tiens, une autre pour la forme !)))), le dépaysement… Ouais mais tout ça veut dire que l’on quitte son petit foyer tout doux tout chaud. Adieu la télé « hachedé », la « Pleillestéchieune 3 », ou le « meuporg onelaïne ». Au mieux le gamer prudent emmènera une p’tite console portable pour que le sevrage ne se fasse pas dans une agonisante catatonie.

Mais au-delà du gamer prudent, il y a le gamer malin. Ah ah ! Le joueur qui, sourire au coin, a déjà fomenté son machiavélique plan plusieurs mois à l’avance. L’œil vif et alerte, il aura repéré que la petite location des vacances dispose d’une vieille télévision. Et là, c’est la victoire ! Un sac de sport supplémentaire viendra remplir le coffre de la voiture. Peu importe qu’il n’y ait plus de place dans le véhicule, le gamer malin ira jusqu’à réinventer les lois de la physique pour emmener l’objet de son forfait.

Embouteillages, klaxons, Parigo tête de veau qui coupe la route, flics à jumelles planqués en embuscade « pour votre sécurité, monsieur, et restez poli je vous prie », et c’est bientôt l’arrivée dans le petit lieu qui, deux semaines durant, ne résonnera donc pas des bruits d’une électronique cacophonie vidéoludique.
Quoique… ???

Notre ami le joueur malin ayant déchargé toute la voiture, il se rue alors vers la télé. Checklist… Télécommande : OK. Prise péritel : OK. Prise d’alimentation pas trop éloignée : OK. Divan moelleux et table basse pour poser la bière : OK. Ouvrage de sac et meurtre de la grammaire française : OK.

Et l’halo de lumière descend. Dans un geste solennel notre homme plonge ses mains dans le fameux sac pour en ressortir la somptueuse, la fameuse, la plantureuse Dame Noire de SEGA. Merveilleuse Mega Drive (avec un espace car c’est bien là sa véritable orthographe. Ca vous épate hein ?), te revoilà partie pour chauffer pendant plusieurs jours ! Le machiavélique plan est en place !

Et il ne fait pas dans la dentelle notre ami gamer. Ooooh non, M’dame ! Quand il embarque une console, il amène avec les bons jeux qui plaisent. Une bonne trentaine de jeux en loose rangés amoureusement dans des boites de K7 (ça y’est, j’ai largué les moins de 15 ans). Du jeu fun connu (Streets of Rage 2), de l’aventure (Landstalker), de l’action (Rocket Knight Adventures)… Notre gamer connait son affaire, il ne veut pas prendre le risque de s’ennuyer. La plage et le sable, c’est nul : il n’y a même pas un joli scrolling différentiel à regarder… Et puis paf ! Comme notre gamer est décidément malin, il se dit que ces vacances sont une bonne occasion de s’essayer aux quelques jeux (en fait plus de la moitié) qu’il a pu glaner sur Internet lors de bonnes affaires et sur lesquels il ne s’est jamais investi. Comprenez par-là que ces jeux n’ont pas passé la phase du « Bon, est-ce que le jeu passe ?…. Ok, cool. Allez, je me taperais bien une p’tite omelette maintenant, moi. » Et dans le lot de ces heureux élus, une petite cartouche se démarque : Dynamite Headdy. Un p’tit jeu qui n’a jamais intéressé notre ami pour une bonne raison.

Le héros a une sacrée sale gueule. Là, comme ça, cash. Un peu comme Rayman, mais en encore plus laid. Oui, oui, c’est possible. Avec un p’tit nœud pap et une plume sur le sommet du crâne. Hideux je vous dis ! Délit de faciès oblige, jamais notre joueur n’avait trop voulu se risquer à prendre ce jeu. Et pourtant quelques tests sur le net l’interpelaient un chouïa. Superbe jeu de plate-formes par-ci, pépite méconnue par-là, prouesse technique pour de la Mega Drive de ce côté… Et en plus ça vient de chez Treasure, la boite qui ne pond que des bons jeux. Alien Soldier, Gunstar Heroes, Ikaruga, Sin & Punishment… Un CV qui sent bon la petite liqueur de framboise après un copieux bœuf bourguignon. Alors quand en plus la cartouche n’est pas vendue au prix du poids de l’uranium par le dernier Ratus Crevardus Racleurum Brocanti pratiquant des tarifs « carotte-dans-l’cul-satoires », pourquoi hésiter ? 8 euros complet sur Ebay, frais de port compris. Voilà qui fait plaisir ! Pour la peine, allez : notre joueur oublie la sale gueule de ce Rayman du pauvre et va se réserver une ou deux petites soirées pour torcher l’aventure.

Première soirée : l’échauffement.

Il fait chaud, la petite femme dort, l’heure est venue de faire danser le décapsuleur, de poser le houblon à portée de main, et de glisser tendrement la cartouche dans la fente avant de toucher le petit bouton qui allumera la Dame Noire, nous assurant l’extase dans une explosion de sons mélodieux et de couleurs chatoyantes (Marie-Pervenche, je vous sens gênée, vous pouvez sortir prendre l’air si vous le désirez). Notre ami avait lu que le jeu était une petite merveille graphique, il s’attend donc à du costaud. Premier contact : c’est vraiment coloré ! Un peu trop même. Comme la charmante rombière qui concurrence Monet et Picasso en se fardant de plusieurs couches de peinture, Dynamite Headdy ne fait pas dans la demi-mesure. Jaune pétant à gauche, vert flashy à droite, bleu explosif en face, rouge pétillant derrière… Une sorte de trip sous acide qui laisserait presque Raoul Duke et Maitre Gonzo sur le carreau ! Et puis ça bouge de partout. Des petits personnages en arrière-plan qui se baladent, d’autres au premier plan qui nous saluent, un décor qui vit quoi ! L’ennui, c’est que cette surabondance de couleurs, sprites et autres détails tend à rendre l’action souvent confuse. Headdy, pauvre bête qu’il est, n’a pas le bleu vif d’un Sonic ou la salopette rouge vermillon d’un Mario. La conséquence est qu’il se fond trop dans les décors qu’il parcourt et que, dizaines d’explosions à l’écran et scrollings multi-directionnels aidant, l’œil risquera de le perdre le temps d’une demi-seconde (j’ai chronométré… Non, je mens, j’ai pas que ça à f…).

Mais bon : c’est comme le premier baiser (avec la langue et tout et tout…) : au début ça dégoûte un peu, puis on y prend finalement du plaisir au point d’en réclamer. Coquins va ! Et ce jeu, mesdames et messieurs, il va déboiter ! Gamer pourtant averti, le vacancier de cette petite histoire (à propos, si vous n’aviez pas compris que je racontais ma propre expérience, cassez-vous jeune tête de bulbe et n’y revenez pas) est encore étonné de voir ce que la petite 16bits est capable de lui fournir.

Treasure, c’est pas de la gnognotte. Ce sont les gars qui sont fichus de te faire de la 3D sur du Game&Watch, de la HD sur la Wii, ou même un beat’em all sur SNES qui ne ralentira pas dès que 4 personnages seront à l’écran. Oui jeune fan de Nintendo, tu peux aller te tirer une balle après mon évident troll anti-Big N ! Et sur Dynamite Headdy, ils se sont lâchés les cocos. Vous aurez donc droit à un jeu d’une fluidité sans faille malgré la tonne d’éléments affichés simultanément. Et puis des rotations, bim ! Et quelques effets de fausse 3D, bam ! Et aussi des distorsions, boum ! Rah que c’est beau tout ça ! Non. Même avec la plus mauvaise volonté du monde, celle qui pourrait vous faire dire que les décors sont un peu trop chargés de détails (huuummm…), on ne peut tergiverser plus loin. Effectivement, DH n’usurpe pas sa réputation et se pose clairement, malgré des choix esthétiques parfois douteux, comme un bijou technique de la console. L’arène du combat final, que je découvrirai bien plus tard, propose d’ailleurs un effet saisissant que je n’ai vu dans aucun autre jeu de la console. Bluffant, tout simplement, encore plus qu’un carré qui l’emporte sur un full au poker. Claque dans la gueule N°1.

La soirée se poursuit donc tranquillou. La bière descend à rythme d’escargot, c’est bon signe. Cela veut dire que le jeu me captive. Et, accessoirement, que j’aurai peut-être les idées assez claires pour ne pas flinguer mes vies comme un lourdaud. Tiens. Je peux même me focaliser sur l’histoire ! Heuuu… Bah apparemment le monde de Headdy subit une rafle organisée par un gros méchant monstre trop vénère. Notre héros, sûrement parce qu’il a trop une sale tronche, en réchappe de peu, aide quelques uns de ses potes à se libérer – c’est toujours ça de pris – et puis décide de continuer dans sa foulée en allant botter le céans du vilain. Chemin faisant, il croisera la route de son éternel rival : une marionnette ridiculement moche à tête de chat qui désire lui voler la vedette. Comment ça ? Une marionnette ? Hé ouaip jeune lecteur attentif et sûrement abasourdi, au bas mot, par ma révélation. Tout l’univers de Headdy tourne en réalité autour du théâtre, de ses marionnettes, de ses pantins… mais aussi de ses faux-décors, trompe-l’œil, faux-semblants. Et le design des niveaux nous le rappellera sans cesse par la présence de poulies, de machinistes faisant défiler le décor en arrière-plan. Voire même par de petits tours en coulisses, à l’image d’un monde où le décor s’écroulera dans un petit effet 3D pour laisser apparaitre des murs de briques, des fournitures laissées en plan par les acteurs, etc… Tout est faux, et volontairement montré comme tel pour permettre les plus folles des fantaisies. Bref. Si l’histoire reste bateau et n’est qu’un prétexte, l’univers est assez original et surtout si peu utilisé dans le monde des jeux vidéo que cela mérite indéniablement le coup d’œil.

Reprenons le suivi de la petite partie, voulez-vous ? Le premier niveau, simple amuse-gueule, proposera un tutorial plutôt bien fichu afin de pouvoir manier la marionnette aussi bien qu’une boulangère manie la baguette, tous fantasmes possibles mis à part. On y découvrira notamment l’originalité de Headdy. Marionnette de son état, sa façon d’attaquer se résumera à balancer sa tête (et dans toutes les directions, s’il vous plait !) pour grignoter l’orteil du monstre peu averti passant par-là. Ou lui filer un coup de boule dans les valseuses si vous optez pour une pointe de sadisme. Mais bien sûr, l’originalité ne s’arrête pas là. Certains bonus donneront à notre copain à tête de bois une toute autre caboche, chacune dotée de pouvoirs spécifiques.

C’est là l’une des spécificités du titre. La plus importante diront ceux qui croient que ce principe va être aussi bien exploité que dans un Kid Chameleon. Un simple bon point avanceront les autres qui auront tâté le jeu dans son intégralité. Parce que là où le « Kid Reptile » excellait à nous faire utiliser chaque transformation selon la situation rencontrée, bon nombre de têtes dans DH ne seront pour ainsi dire quasiment jamais sollicitées. Et pourtant, de la tête il y en a ! Headdy pourra opter pour la tête marteau qui détruit certains blocs et frappe deux fois plus fort, ouille. La tête mini vous rendra aussi petit que la cervelle d’un participant de Secret Story et vous pourrez guider votre Pinocchio dans des espaces exigus. Puis, pêle-mêle Gibson, vous aurez la tête aspirateur qui récoltera ennemis et objets éloignés, la tête cochon qui tirera des étincelles (!!!) par le groin, la tête hérisson qui vous permettra de vous accrocher aux murs et plafonds, et même une tête « Bouddha » qui vous rendra inapte à faire la moindre action à part vous trainer lamentablement par terre en subissant les attaques adverses… Et bien d’autres, oh voui ! Hélas, la fréquence d’apparition de certaines peut être comparée avec celle de la neige un mois de Juillet (tête cochon, tête aspirateur…). Et les têtes modifiant vos déplacements ne vous seront fournies qu’à des moments spécifiques de l’aventure. La tête hérisson ne vous servira qu’une ou deux fois, la tête mini de même, selon les situations que l’on vous impose (un mur à grimper ou un couloir étroit à visiter). Au final, les têtes plus classiques qui permettent de frapper plus fort, freezer l’action ou être invincible seront les plus courantes. Dommage.

Mais avant de m’avancer encore plus, continuons un peu le récit de cette palpitante soirée qui en comparaison, j’en suis sûr, vous rend le dernier film de Batman aussi excitant qu’un épisode d’Inspecteur Derrick. La stupeur graphique passée, le plaisir de l’animation fluide ressenti, et afin que vous vous délectassiez d’un compte-rendu complet sur le jeu, je décidai de dilater mes conduits auditifs pour apprécier la bande-son. Et au fait chérie, j’ai réussi à placer un imparfait du subjonctif dans le test, tu me dois 10 euros ! Continuons. Les musiques qui vous accompagneront, sans crier au pur génie, sont d’une qualité exemplaire. Les pistes sont très nombreuses et certaines, pourtant excellentes, ne seront utilisées qu’une fois, juste pour un passage dans un niveau ou pour un certain boss. Pas de recyclage, c’est très bon ça, n’en déplaise à vous messieurs de Green Peace. Treasure s’est même payé le luxe de nous fournir des voix digitalisées. Sur Mega Drive. Ouaip. Et pas de la voix de fumeur atteint d’un cancer de la gorge en phase terminale comme pour un Street Fighter 2’. Les digits dans DH, c’est presque du téléphone rose tant c’est suave. Que cela soit le « yumm yumm » entendu après avoir récupéré un haricot (les marionnettes adorent les haricots, c’est bien connu) ou le « You’ve got a secret bonus point », vous vous croirez presque sur Super Nintendo. Oui monsieur le fanboy segamaniaque, je sais, mais il faut bien que je récupère les Nintendophiles que j’ai fait fuir avec ma remarque précédente.

« Mé sé koi le youv got a secret bonus pt ?» me diras-tu, jeune Kevin écervelé. Et bête. Et eunuque de surcroit parce que je t’aime pas. Hé bien, dans chaque niveau, afin de grappiller quelques points, certaines actions pour lesquelles vous n’avez aucun indice vous octroieront un bonus de score. Comme ça, pour le simple plaisir du jeu et de la découverte. Pas de trophées PS3 ici jeune kikoolol stupide. Et moche. Et hermaphrodite parce que toi non plus je ne t’aime pas. Non, le jeu rétro made by Treasure, c’est tout juste du bonbon à l’état brut, sans additif ni conservateur. Ces bonus points demanderont des actions très variées et parfois totalement stupides, mais l’envie de tous les découvrir relance un peu l’intérêt à chaque partie. Claque dans la gueule N°2.

En somme, tout va bien quoi ! Petite bière fraiche, divan moelleux, jeu Mega Drive plus que sympathique. Et puis j’arrive à un boss, superbement animé. Un pantin de paille géant qui va revêtir plusieurs habits qui lui feront adopter des attaques différentes. Que du bonheur. Et je perds… Classique, c’est l’échauffement, je ne connais pas trop le jeu. Pas grave, on va se griller un p’tit continue, en bonne lopette qu’on est. Hééé ouais… mais non ! Les gars de Treasure ne plaisantent pas : 3 vies (plus quelques unes ramassées) et c’est fini ! Logo Sega bleu, « épissétou ». Arg. Bon hé bien, on reprendra demain et on ira plus loin dans l’aventure. Je vais me coucher.

Coup de pied au cul N°1.

Deuxième soirée : « staying focused ».

Chérie endormie, creux de divan moulé pour accueillir mes fesses, et petit Coca afin de ne pas passer non plus pour un gros alcoolo. Tout est en place, j’appuie sur le bouton « Power » de la console ; la deuxième soirée peut commencer. Et puis cette fois, je connais un peu mieux la bête de Treasure. Je sais qu’elle est revêche, qu’elle ne se laisse pas maitriser comme ça par le premier paltoquet des forums 10-15 ans venu. Alors hop, on se concentre. On guette la vie cachée, on cherche à bien anticiper les boss, on n’est pas dans un Mario où l’on peut atteindre les 99 vies dès le 2ème niveau que diable !

J’arrive face au pantin de paille de la veille. Une ou deux vies de perdues, et je lui mets enfin la misère. Joie. Bonheur. Petite gigue devant la télé même. Mais ah ah, on ne la fait pas au vieux brisquard du jeu vidéo que je suis : je n’ai pas beaucoup avancé et je sais que la fin n’est pas proche. Je me recale donc dans le creux du divan, je penche la tête en avant, ma bouche s’assèche, mon dos se voûte, mes yeux s’écarquillent : le gamer, le vrai, est en chasse.

J’en profite même pour me pencher sur les zones bonus du jeu. Je ne vous en ai pas parlé ? Ah ah, logique. Je voulais laisser un peu de matériel pour mon 2ème paragraphe, afin d’équilibrer le tout. Meuh non je n’ai pas oublié, sombre sot ; fais-moi le plaisir de te taire quand je parle. Ces zones bonus, donc, vous proposent de jouer à un mini jeu de basket où vous devrez frapper des ballons envoyés par deux machines dans des paniers qui défilent de droite à gauche. Un certain score devra être atteint : 5 la première fois, 10 la seconde, puis 15 et… 20. Bravo à vous, là, au fond. Un problème cependant : il faudra vérifier l’icône accolée aux paniers car certains provoqueront la destruction d’une des machines de lancer. Et comme si cela ne suffisait pas, des bombes seront parfois envoyées à la place des ballons. J’en réussis un avec peu de peine et je gagne… quoi ? Un chiffre à noter ? Oui oui, un chiffre bête et plat comme un chiffre peut l’être. Bon ben je garde en mémoire, ça servira sans doute pour plus tard ; les développeurs ne sont quand même pas sadiques au point de vous filer un truc qui ne sert à rien, non ?

Le pantin démembré je poursuis donc l’aventure, cramponné à ma manette comme le Roumain à son accordéon. Un niveau purement plate-formes s’ensuit, avec quelques bonnes idées comme des rotations ou de zoulis z’effets 3D. Pas mal, mais ce niveau reste assez classique et plutôt facile. Si on laisse de côté, bien sûr, les niveaux bonus qui deviennent bien trop hasardeux et longs. 15 paniers à marquer sans se planter ?? Allons bon ! Je ne sais même pas à quoi servent ces fichus numéros qui, d’ailleurs, changent à chaque nouvelle partie. Bon ben on va les sauter ces séquences, ça ira plus vite, et tant pis pour l’honneur.
Et puis s’enchaîne un autre niveau où la créativité de Treasure commence enfin à exploser. Headdy devra entamer l’ascension d’une tour à l’escalier quelque peu inachevé. Le truc, c’est que Headdy reste au milieu de l’écran et que la tour, elle, tourne sur elle-même lorsque vous bougez pour « suivre » l’action, dans un effet saisissant. Pour les gens cultivés que vous êtes, il s’agit du même principe observé dans l’un des niveaux de Mickey Mania. Et là vous verrez tout de suite mieux de quoi je parle. Sinon tant pis, quelqu’un qui n’a jamais fait Mickey Mania n’est de toutes façons bon qu’à être hué, ouuuuh !!! Le boss de ce niveau vous provoquera dans une arène fonctionnant sur le même principe, et qui rappellera des souvenirs aux fans de Gunstar Heroes et d’un certain « générateur » à détruire. Pas très dur ce boss d’ailleurs. Dézingué au premier essai. Pas grave, la baffe technique qu’il met compense ce fait. D’ailleurs, tant qu’on y est : claque dans la gueule N°2.

Zou, on commence le 6ème niveau. Qu’est-ce que c’est que ça, une nouvelle tête ? Bah je ramasse. Et là, boum. Headdy s’envole et commence une phase de pur shoot’em up, lancé à toutes berzingues contre avions, fusées, et autre joyeusetés. Ah bah ouaip, je reconnais bien là Treasure : des niveaux qui surprennent, des phases qui ne se ressemblent pas, des bonnes idées à outrance. Il aura juste fallu passer les 3-4 premiers niveaux pour s’en rendre compte, mais diantre que ça valait le coup ! Je me crispe… L’est rapide cette séquence, ça bouge vite. Et puis ça ne dure pas 3 minutes histoire de dire qu’on case du shmup : avec Treasure c’est un niveau ou rien ! Doigts qui se resserrent sur la manette, goutte de sueur entamant sa lente descente le long de ma tempe : serait-ce que la difficulté est montée d’un cran ? Mes 2 vies restantes m’indiquent que oui, et que je n’ai plus le droit à l’erreur. Enfin, je ne dois plus être trop loin de la fin ; cela fait environ une heure et demie que je joue et les jeux de plate-formes de cette époque ne duraient jamais très longtemps. Allez, je table sur encore un monde après celui-ci. Ah ouaip… Mais cela ne sera pas ce soir que je vérifierai ma théorie. Le boss, une grosse tête de bébé qui donnera lieu, encore, à un combat très original, ira engloutir les 2 vies de mon Pinocchio. Ou Pine-O-cchio devrais-je dire, tant décidément ce Headdy a une tête de gland. Logo Sega bleu. J’éteins la console. Re-Arg. Le silence se fait pour me laisser entendre le bruit des criquets qui, au dehors, semblent me railler. Penaud, je vais rejoindre ma belle dans la couchette.

Coup de pied au cul N°2.

Troisième soirée : le p…ain de boss.

Chérie dodo. Creux. Divan. Ricqlès pour varier les saveurs. Power enclenché. Motivation exacerbée. Go !

Allez zou, je trace. Pas que ça à foutre. C’est pas un jeu avec une marionnette à la con qui va me résister. Les zones bonus ? M’en tape ! Les Secret Bonus Points ? Je laisse, je veux finir le jeu pour passer aux 29 autres que j’ai amenés ! Les vies ? Heuu, là je ramasse par contre. J’enchaine les 3 premiers niveaux à la vitesse du furet qui court dans le bois et qui repassera par ici et par là. Pouf, je suis trop doué maintenant. Remarque, au bout de 3 essais, je commence à connaitre le jeu légèrement par cœur. Les niveaux 4, 5, et 6 sur lesquels je me suis frotté la veille, je vais par contre les traverser plus lentement. Et puis chercher des vies, il en faut. Plein, genre un tonneau complet. Et puis, finalement, voir si je peux dénicher d’autres Secret Bonus Points ; ça fait une petite carotte en plus, mine de rien. J’arrive à la Baby Head de la veille (tout de suite, en Anglais, ça fait plus classe ! N’est-ce pas les « friends » ?). Après quelques essais foireux, je la défonce enfin. Il me reste 5-6 vies. Joie. Gigue et tout ça ; j’ai pas mal joué. Je suis fin prêt pour attaquer la suite. Youpi, et toute cette sorte de choses.

J’arrive dans un décor idyllique ou les vaches se font dorer le croupion parmi les fleurs. Pas d’ennemis, c’est trop calme, bizarre. Le coup typique qui, dans n’importe quel jeu vidéo, indique au joueur qu’il va se faire surprendre au coin du mur par un Dark Killer Overlord of Shadow Realm. Et qu’il va lui balancer un météore dans la poire rien qu’en se grattant le nez. Le cadre idéal pour un combat final si vous voyez ce que je veux dire.

Et bam, le boss arrive. Plutôt facile, je réussis à la vaincre même si je me fais grignoter un peu d’énergie au passage. Mais on ne me la fait pas, je ne suis pas dupe. Je ne lâcherai la manette qu’une fois les crédits de fin terminés. Grand bien m’en a pris ! Le boss revient, plus tenace que jamais. Il a même amené avec lui une musique rythmée en diable, stressante, rapide. Mon cœur bat à tout rompre. Je le frappe, ça ne lui fait rien. Madre mia ! Il me dézingue la tronche. Je n’arrive pas à éviter ses attaques, je n’arrive toujours pas à le toucher, qu’est-ce que je dois faire ??? Je me débats comme un somptueux diable, je perds une vie. Zen. C’est normal. C’est obligatoirement le dernier boss vu la mise en scène. Normal que je perde.

Alors je recommence avec Phil Osophy, mon copain de toujours. Pouuuuh, et je dois me retaper la première forme du boss en plus ? Treasure, bande d’enfoirés ! Le boss se repointe dans sa 2ème phase : punaise j’y arrive vraiment pas. J’ai l’impression d’être un Big Mac présenté à une convention de José Bové tant je me fais piétiner ! Encore une vie de perdue. Re-zen. Pense aux fleurs, c’est beau les fleurs. Re-première phase. Première insulte proférée ; faut bien lâcher un peu de lest quand même. Ca y’est, je l’ai touché ; le timing est vraiment chaud ! Ah et puis c’est que je lui retire vachement d’énergie, hein ! L’effet cure-dents sur une éponge, le syndrome Woody Allen VS Mike Tyson. Et le boss ne se gêne pas pour répliquer à grande vitesse. On dirait qu’il s’est acheté l’option homing « Pan Dantédan » pour chacun de ses mouvements. Toutes mes vies finissent par y passer.

Conclusion : dézinguage de gueule. Vivisection en règle. Popaul se ferait reluire au papier de verre que cela ne ferait pas aussi mal. Zen mes fesses ! Jeu de merde, va !

Logo Sega bleu. Arg derechef. Fermez-la, les criquets ! Demain est un autre jour, je vais me coucher.

Coup de pied au cul N°3.

Quatrième soirée : le p…ain de boss de m…de.

« Bonne nuit chérie. Oui, moi aussi je t’aime mais là j’ai la marionnette qui m’attend. A demain, bisous ». Combo divan-creux-power-Fanta orange enclenché. Oui je sais, notre frigo est le Louvres de la boisson. Je vais lui faire sa fête à ce boss. J’ai trouvé comment le toucher, il ne me reste plus qu’à chercher comment on évite ses attaques.
Je trace, je perfore littéralement les premiers boss. Et puis, coup de théâtre ! Je vaincs la tête de bébé et celle-ci, comme tous les boss du jeu, laisse échapper dans son agonie une pluie de… sortes de carrés d’or. Je m’amuse à en ramasser un certain nombre pour le coup, histoire de scorer un peu. Cool, j’en ai vraiment ramassé une pelletée sur cet essai. Et là, qu’entends-je ? La voix « téléphone rose » qui me susurre : « You’ve got another try » !! QUOI ??? Un autre essai ?? Une vie ? Mais non ! Mon compteur n’a pas bougé. Un continue ? Mais c’est pas possible, on peut donc gagner des continues dans ce jeu ?? Non mais comment savoir une telle chose ? Même le livret ne le dit pas ; je ne l’avais pas pendant les vacances, mais j’ai vérifié une fois que je fus retourné dans mes pénates. Treasure, pourquoi ne pas avoir proposé des continues à gagner de manière plus classique ou, tout du moins, plus évidente à comprendre ? D’accord c’est original, mais quel sadisme quand même ! Au moins, ça a le mérite de rendre cette obtention plus savoureuse. Claque dans la gueule N°3.
Je respire ! Me voilà donc bien paré pour affronter le boss. 6 vies + un continue = 9 vies. Ca, c’est ce que j’appelle la grande classe. Mais mon adversaire ne se laisse pas impressionner, et il me balance la même sauce que la veille. Je lui file un p’tit coup de boule de temps en temps, lui semble s’amuser avec moi. Mon continue y passe, ma « zénitude » aussi. Plus que 3 vies, c’est pas possible, sérieux ! Et là, je me concentre. Mais genre, la concentration du chimiste qui verse de la nitroglycérine dans un tube à essai chauffé à blanc près d’une bombe H. J’essaie de piger le truc, de trouver le bon timing. Et je finis bien par trouver mais bigre que c’est dur ! Je peaufine ma technique, elle s’améliore un peu à chaque vie qui défile au point que je réussirai presque à porter le coup fatal à cette crevure démoniaque … juste avant que ma dernière vie, elle aussi, ne s’estompe dans un « pouf » moqueur.

Logo Sega bleu. Arg plaintif. Queue entre les jambes (où voulez-vous qu’elle soit d’ailleurs ?), et intrusion « ninja » sous la couette pour ne pas réveiller la petite femme.

Coup de pied au cul N°4.

Cinquième soirée : yataaaaaaaaaaaaaaaaa !!!!

Tapotage de pieds, impatience à son comble, ça y’est ma chérie se couche. La vie de couple c’est bien, mais il y a des priorités dans la vie. Et là, je me dois de torcher dette saloperie de jeu ! C’est ma raison d’être, mon objectif, ma Némésis ! Ou sinon je finirai par péter un câble. Alors hop ! Divancreuxpowerschweppesagrumes. Et cette fois, on y croit fort ; j’ai presque réussi à vaincre ce casse-bonbons de boss hier ! De plus, je sais maintenant qu’on peut récupérer des continues. Mais bouarf que c’est difficile et hasardeux de ramasser assez de ces cubes d’or lâchés par les boss ! Au final, je n’obtiendrai « que » 2 continues. Bon, ça devrait faire l’affaire. Prions.

Et maintenant, allons botter cette face de pet. Sans concession, sans retenue, sans chemise et sans pantalon. Et… diantre que je joue mal ! C’est toujours dans les moments de grand stress, là où l’on doit jouer le mieux, qu’on finit fatalement par faire connerie sur connerie. J’use mon premier continue, puis une vie. Et enfin, enfin, après un combat de longue haleine d’au moins 10 minutes, je finis par le vaincre in extremis ! Alors là je vous raconte même pas la méga-gigue… J’aime les fleurs, j’embrasse les criquets, j’en arrive presque à apprécier le mois de Juillet ! Je vais pouvoir entamer un autre jeu, à moins que ??? Est-ce vraiment fini ?

Hé bien non ! Stupeur. Ce boss qui a failli me refaire participer à la discipline olympique du lancer de manette n’était pas le dernier. Ce jeu nous en donne pour notre argent. Claque dans la gueule N°4. Bon. Qu’à cela ne tienne. La fin ne doit pas être loin. Je découvre donc le nouveau niveau. A peine ai-je le temps de savourer la défaite de ce furoncle de boss qu’une fusée m’arrive en pleine tronche. Y’a que dans les jeux vidéo qu’on voit ça, sérieux ! Poum, environ les 2/3 de ma vie s’estompent. 2ème fusée dans la gueule. Mort. Vie en moins, ulcère en plus. Au final, ce simple passage m’amènera à user mon 2ème continue ainsi qu’une vie sur mon dernier. Et ça ne sera pas fini ! Oooh non ! J’enchaine avec un niveau demandant à nouveau d’appréhender un gameplay différent. Et je me fais avoir par un piège « First try ». Les pièges « First try », késako ? Il s’agit de cette catégorie de guet-apens de gros sadique de développeur à la noix que vous ne pouvez pas éviter la première fois que vous faites le jeu. Il faut savoir qu’il y a un piège pour l’anticiper. Les lasers dans le niveau de Quick Man dans Mega Man 2, les oubliettes dans Aigle d’or, le déjeuner chez votre belle-mère le dimanche midi… Vous voyez le topo ? Les trucs qu’on ne peut esquiver sans savoir à l’avance que ça nous arrive en pleine poire, sans élaborer une stratégie viable et réfléchie.

Hé bien DH ne se fait pas prier pour vous balancer ce genre de trucs dans ce niveau… et les autres qui suivront. Ah ouais, parce que DH ce n’est pas terminé, hein, loin de là. Mes prévisions se sont trouvées complètement erronées ! DH est bien long, comme il faut et bien ardu. On cite souvent le cas d’Alien Soldier, jeu de la même firme, comme étant un fleuron de difficulté. Hé bien je vous assure que j’ai torché Alien Soldier bien plus vite que je ne suis arrivé aux derniers niveaux de ce pantin à gueule de moule qu’est Headdy. DH est difficile. Très. L’ennui, c’est qu’il vous balance la sauce dans le dernier tiers du jeu. De plus, les phases de gameplay évoluant sans cesse (ce qui est un bien en soi), vous perdrez toujours une ou deux vies le temps de comprendre ce qu’on vous demande de faire dans le niveau. Inutile de vous dire – mais je le fais quand même, peut-être êtes-vous sot – qu’un Game Over à ce stade implique de refaire à nouveau tout le jeu, les mots de passe étant inexistants. La motivation de certains ne suivra pas, les pauvres petits. Au moins, on repèrera ces caricatures de joueurs sur la toile lorsque ceux-ci diront que Dynamite Headdy est un jeu « pas trop dur ». Une preuve qu’on n’aura pas testé plus loin que le 3ème niveau, mon cher Watson.

Au final, je me retrouve face au boss de ce stage, avec ma dernière vie. Inutile de vous dire que, le temps de comprendre ce qu’on me demandait de faire, je vis bientôt apparaitre le logo Sega bleu. J’entendis le chant des criquets. Je sentis le parfum de la défaite, goûtai l’amertume de la déconfiture, touchai dangereusement ma manette avec des envies de vandalisme. Dynamite Headdy, c’est le jeu qui te fait apprécier tes cinq sens. En attendant, comme d’hab, c’est l’extinction des feux, un Arg vociféré, un glissement en chenille sous la couette, et forcément…

Coup de pied au cul N°5.

Sixième soirée : non mais ras l’cul, sérieusement…

« Oui chérie, je viens dormir avec toi. La marionnette ? Pas ce soir, j’en ai marre. » … C’est bon, elle dort. Glissement « ninja » hors de la couette, marche à tâtons dans le noir, arrivée au salon. Creux, power, Ice Tea, divan, dans l’ordre que vous voulez.

Dynamite Headdy commence sans doute à être l’un des jeux Mega Drive que je connais le plus par cœur. J’enchaine les premiers niveaux tout en lisant le programme télé et mangeant un paquet de gâteaux. Ah. J’arrive au fameux boss qui me faisait déféquer des bijoux d’huître il y a quelques nuits. Je ne galère pas trop, au final, et le passe presque en douceur. J’ai 3 continues, j’aborde les derniers niveaux de la veille, serein comme un serin. Le boss sur lequel je n’avais pas eu le temps de me faire les canines hier n’est au final pas bien compliqué une fois le truc compris. Il n’a pas une gueule de boss final, j’en conclus que l’aventure n’est pas terminée.

Exact. Un autre niveau s’enchaine, lui aussi bourré de nouvelles trouvailles. Vraiment, DH est un jeu qui surprend à tout moment. Vous croyez qu’il n’est qu’un « petit jeu de plate-formes » en plus sur la 16 bits de Sega qui vous occupera une ou deux soirées, et vous vous retrouvez 6 jours plus tard à jouer à quelque chose qui multiplie les mécanismes de gameplay. Oubliez ceux qui le comparent à Sonic : Dynamite Headdy n’est pas un simple jeu de plate-formes mais plutôt un mélange de plusieurs styles. A la sauce Treasure, vlan ! Rien que ça, ça veut tout dire.

Bon, je passe ce nouveau niveau, j’arrive au boss. Un boss « First try ». Comprenez par-là que je perds bien déjà 2 vies avant de comprendre ce que je dois faire. Mais ce n’est pas tout ! Ce boss est aussi un adepte du « One Hit ». Headshot. Fatality. Dissertation surprise de philo. C’est pareil. Un coup, tu meurs. Ce boss est la parfaite illustration de ce que je disais plus tôt : on augmente la difficulté en vous tendant des pièges qui vous tuent en un coup. Ce boss, bien qu’on comprenne très vite la tactique pour le vaincre, est une plaie. Suintante, purulente, putréfiée, avec une colonie de fourmis qui se glissent à l’intérieur. Mes 3 continues fondront comme l’économie française sous le mandat de Sarkozy. Ma motivation se brisera comme ma confiance envers le cinéma français après « Bienvenue chez les Ch’tis ». La suite m’est familière : logo Sega bleu. Criii criiii criiii interrompus par un Arg. Excuse top moumoute quand je retourne sous la couette (« Je me suis relevé, j’avais soif »).

Et bien sûr, coup de pied au cul N°6.

Septième soirée : la lueur au bout du tunnel.

On y croit. Il le faut. Je dois terminer ce jeu, il en va de ma santé mentale, de ma fierté de joueur. Bordel, quand on torche Phantasy Star 2 à 14 ans sans soluce, quand on termine Sorcery+ sur Amstrad à 9 ans, quand on bat les « grands » en arcade sur Enduro Racer à 6 ans à peine, on n’a pas envie de bloquer comme un con sur un jeu avec un héros aussi moche. Merde, cul, bite, poil, et fuck à la censure quoi ! Alors c’est parti : power sur table basse, fesses dans Orangina du divan, creux enclenché, ou quelque chose comme ça.

Zou, je saute tout le descriptif de ce qui se passe avant ma nouvelle altercation avec le boss de la sixième soirée. Ca fait économiser de l’encre numérique. Et puis de toutes manières, 99% des lecteurs se sont cassés lorsqu’ils ont vu que cet article allait plus loin que les 2 pages max traditionnelles. Feignasses. Mais pour vous, 1% de lecteurs de mon cœur, vivons ensemble la suite de cette épopée, yoplaboum ! Et toi, là, tu m’évites la banale blague avec Prosper, s’il te plait.

C’est donc avec 3 continues que je défie à nouveau l’ennemi de la veille. Deux me seront nécessaires pour le renvoyer chez sa génitrice. Oui, deux. Rien que ça. Alors que la technique pour le battre semble d’une évidence simpliste, la dextérité qu’on vous demandera nécessitera une concentration de tous les instants. Et… devinez quoi ??? Le jeu n’est pas fini, toujours pas, pas encore, jamais, raaaah !! Je laisse la gigue de côté. De toute façon, il y a bien longtemps que ce jeu m’a montré que je pourrai décidément la faire qu’une fois que la dernière lettre du dernier nom de la dernière personne apparaissant aux crédits de fin aura quitté l’écran.

Etrangement, les niveaux suivants, bien qu’étant de véritables distributeurs d’adrénaline, sont moins ardus que ce à quoi on aurait pu s’attendre. C’est vrai quoi ! Seulement une ou deux vies de perdues, on m’avait habitué à pire.

Je les traverse donc avec la prestance et la classe d’un acteur de sentaï. Et là, il s’affiche. « Il », c’est le titre de la section de niveau où je m’engage. En grosses lettres, je lis : « FINALE ANALYSIS ». Alors l’Espoir, le vrai, le bien gras et mafflu, celui doté d’un E majuscule qui claque sa race, m’envahit. FINALE : ce mot, rien que ce mot me fait entrevoir le bout de ce long tunnel portant les initiales DH. Et la scène qui s’ensuit confirme mes attentes : ça y’est, il est là, le boss final est là ! Le décor qui accompagne le combat est tout juste époustouflant. Je sais, je l’ai déjà dit mais il faut croire que j’aime bien me répéter. Et puis, j’aime bien me répéter il faut croire.

Le combat est bien entendu inégal. Mon Headdy à tête de poire trop mûre contre un ennemi méchamment trop classe et qui pue la puissance à 40 miles, soit 64,36 kilomètres, 4530944 yards, 13592832 pieds, ou 163113984 pouces. Je ne me fais donc pas d’idée : avec mes 3-4 vies restantes, je n’arriverai pas à défourailler ce dernier obstacle. Mais mettons plutôt ce sursis à profit en étudiant soigneusement ses différentes attaques. Il en possède d’ailleurs une bonne besace, le saligaud !

Ca vient de partout, je hurle, je souffle, je survis. Je n’ai d’ailleurs toujours pas compris comment le toucher, mais on va y aller mollo. Je finirai bien sûr par expirer après d’intenses minutes de « J’évite c’que j’peux ».

Le logo Sega bleu ne me surprend plus guère. Le chant des criquets me fait tout juste vrombir les trompes d’Eustache. A peine aurai-je la prestance d’esprit de pousser le traditionnel Arg avant de rejoindre ma belle et tendre sous la couette, les yeux plein d’étoiles en songeant au lendemain. Oui, demain je finirai Dynamite Headdy !

Pour l’instant, c’est quand même le coup de pied au cul N°7.

Huitième soirée : la fin d’un rêve.

Allez, c’est la dernière soirée. Ce soir je romps avec ce pantin débile. Ce soir, oh oui ce soir, c’est MON soir ! Petit bisou à la petite femme, petite excursion dans le salon, petit creux dans petit divan pour petites fesses, petit power de la petite console enclenché, et petite bière afin de boucler la boucle.

Pour la peine, je me décide même à prendre mon temps. Je tâcherai donc, du mieux que je peux, de ressortir victorieux des niveaux bonus avec le jeu de basket. J’en réussirai 3, ce qui est loin d’être honteux tant le tout se révèle décidément hasardeux. Oui, ça fait beaucoup de mots en « -eux ». Notez que je ne sais toujours pas à quoi se destinent les chiffres que l’on me donne… Bref je prends mon temps, je m’amuse, je folâtre, je vaque à toutes choses. Cool, zen, éradication totale de stress avant le boss final ; faut relâcher la pression avant la dernière ligne droite. Laquelle se précise un peu plus et… on y est !
Viens là enc… Je veux dire viens là adepte des pratiques postéro-sexuelles. Tu m’as eu hier car je n’avais que 3 vies, mais aujourd’hui j’ai 3 continues et environ 8 vies (ah bah quand je vous disais que j’avais pris mon temps). Coup de chance : je trouve même rapidement la demi-seconde pendant laquelle le boss est vulnérable aux attaques de mon avatar pinocchiesque. Guigne noire : je me fais toucher par une inévitable riposte, perds trois quarts de ma vie, et ne survis pas bien longtemps. Pas grave, j’ai des vies, j’ai de la Marge Simpson. Et un semi-remorque complet de blagues Carambar pour détendre l’atmosphère aussi. Et bientôt, mon inébranlable confiance commence à s’ébranler. Les vies défilent. Puis le premier continue. Ouch ! Impossible de prévoir les attaques de ce boss. Manque de bol, si on n’est pas préparé, 50% environ de ses attaques sont impossibles à éviter.

Je me décide à sacrifier quelques vies à bien l’observer, le temps de comprendre comment je pourrai anticiper. J’arrive à le toucher, là n’est pas le problème. Maintenant je dois survivre à l’Apocalypse qu’il me lance en pleine caboche ! Peut-être dois-je vérifier la couleur de l’orbe qu’il tient ?? La couleur change bien selon l’attaque, mais bien trop tard pour que je puisse me préparer et agir en conséquence. J’aurai beau faire, mes continues décideront de quitter Headdy le plus vite possible, comme l’amateur de débats intéressants fuit Cauet. Au total, c’est un peu plus de 15 vies qui seront englouties par ce boss. Non, je ne le battrai pas. Oui, je serai totalement déconfit. Un boss final où l’on ne peut rien faire pour l’emporter, malgré autant d’essais, c’est bien qu’il y a un souci.

Alors je prends une décision : j’abandonne. Oui Headdy, sale marionnette de mes gonades. Tu as gagné, je ne t’aurai pas fini malgré tous mes efforts. C’est frustré que je regarde une dernière fois le logo Sega bleu. C’est agacé que je prête encore une fois attention aux chants des criquets. C’est la gorge nouée que j’expire un ultime Arg . C’est la démarche molle que je retourne dans le lit. Triste, mortifié, abattu. Dynamite Headdy, tu as bien caché ton jeu derrière tes atours de jeu de plate-formes gentillet. Je te laisse, et on ne m’y reprendra plus.

Coup de pied au cul N°8. KO. Game over.

Soirée bonus : le retour de vacances.

Ca ne pouvait pas se terminer comme ça n’est-ce pas ? Je ne fais pas dans « l’Inception » pour me permettre des fins en queue de poiscaille. Une fois les vacances terminées et le retour au foyer effectué, quoi de mieux qu’aller ENFIN sur Internet pour faire comme tous les gros tricheurs de cette génération et parcourir soluces et autres walkthroughs en vidéos pour comprendre comment battre ce boss ? Ah oui, parce qu’en vacances, dans la location, c’était vraiment du jeu à l’ancienne ! Pas d’Internet ! Le jeu comme en 1990 où si tu bloquais sur ton jeu, ben tu devais prier que le prochain numéro de ton magazine chéri décide de proposer la solution complète du jeu. On n’était pas des tapettes élevées au kikoolol. On ne tétait pas le DLC, à taxer 2 euros à papa-maman parce que le costume de soubrette de l’héroïne rend le kiki tout dur !

Mais là, c’est excusable. J’estime que recommencer un jeu 8 fois sans aucune soluce ni triche quelconque peut excuser une petite escapade sur le « Ouèb ». Et j’y apprendrai une information de poids ! Sachez, amis lecteurs, que je joue sur ma Mega Drive en 60Hz grâce à un petit switch bien placé de derrière les fagots. Indispensable pour profiter pleinement des jeux en plein écran, avec leur vitesse d’origine. Sauf, bien sûr, quand certains jeux ne s’optimisent pas comme il le faut lors de ce passage en 60Hz. Cela peut être flagrant comme avec ToeJam & Earl 2 qui va nous donner une somptueuse image qui saute, ou avec Chakan dont les musiques outrageusement accélérées donnent une nouvelle définition au mot « cacophonie ». Mais avec Dynamite Headdy, le souci est bien plus vicieux que cela. Comme si Treasure avait voulu, dans une énième pointe de sadisme, nous tendre un affreux piège presque imperceptible.
Retour au combat contre le dernier boss. Levez un peu les yeux… Un peu au-dessus du titre de ce paragraphe… Voilà, vous y êtes. Je ne pouvais pas prévoir ses attaques, rappelez-vous… Son orbe de couleur était a priori le seul indice que j’avais espéré repérer. Oui mais voilà : en 60Hz, le boss bouge plus vite. Et donc, il lance son attaque avant même que la couleur se fige pour vous permettre d’anticiper !! Hé bah voilà. J’aurais donc dû jouer en 50Hz. Marionnette stupide, tu ne m’as pas assez flagellé comme ça ? Et pourtant, même comme ça, cela reste d’une difficulté incroyable !

J’apprendrai également que la version japonaise du titre propose quelques différences étonnantes, comme des changements de palettes. Le pourquoi du comment se perd sans doute dans les ténébreuses circonvolutions d’un mec bourré qui a dû décider ça un beau matin. Quelques sprites seront modifiés comme par exemple un immense robot qui possédait à l’origine l’apparence d’une poupée. Le plus important sera pourtant la disparition pure et simple de textes avant les affrontements contre les boss. Non content d’apporter un peu de fraicheur Hollywood au goût très frais, ils permettaient notamment d’expliquer l’histoire, en particulier la scène de fin du jeu que j’ai pu mater sur Internet, en bon loser moderne. Amputée de ses dialogues, cette dernière sera incompréhensible dans les versions PAL. Tant pis, comme disait la vache. Enfin, il est semble-t-il établi que la version européenne du jeu est sensiblement plus difficile que la japonaise. J’adore quand la localisation nous produit des perles de non-sens comme ça. Pourquoi changer des choses qui n’ont pas lieu d’être ? Rappelez-vous Streets of Rage 3 et sa version européenne à la difficulté mal dosée (sans parler de l’ignoble censure). Et que dire de Rygar sur NES, avec son fameux twist final rendant le dernier combat impossible à réussir dans sa version Pal ? Enfin, notons que les titres des niveaux proposent dans la version Pal des jeux de mots très amusants sur des titres de films connus (« Stair Wars », « Terminate her too », Twin Freaks…).

Je referai donc Dynamite Headdy. En 50Hz. Un jour où mes pulsions masochistes auront à nouveau besoin de s’exprimer. Pour l’heure, il est temps de conclure cette flamboyante épopée par la petite conclusion de rigueur, celle sur laquelle les impatients lecteurs se jettent goulûment sans lire le reste de l’article. Pas l’temps, pas l’courage, pas l’envie. Ah mais tiens, si je faisais un beau pied-de-nez à tous ces fumistes ?

Le mot de la fin. Tsouin tsouin.

Tu veux savoir si Dynamite Headdy vaut le coup ? Lis donc l’intégralité du texte, banane !

… Non je plaisante. J’ai pitié. Et puis j’aime bien la banane, c’est un fruit génial, on peut jouer aux cowboys avec.

Que dire, au final, de ce Dynamite Headdy ? Beaucoup de testeurs le présentent comme un bijou technique de la Mega Drive et je rejoins leur avis. Beaucoup, également, le présentent comme un jeu de plate-formes sympa, qui occupera comme il faut le joueur curieux. Et là, je m’insurge ! Dynamite Headdy mérite plus que le regard blasé du mec qui croit se faire un énième clone de Sonic, Ristar, ou Rocket Knight. Dynamite Headdy, c’est un jeu qui en balance plein les mirettes, qui varie les phases de gameplay autant que Lady Gaga sa garde-robe. Et cela même si l’idée des différentes têtes est clairement sous-exploitée.
Et puis surtout, Dynamite Headdy, ce n’est pas un jeu pour les kékés. C’est du défi bien chaud, bien gras, bien huilé, comme au temps jadis. Le jeu que tu recommences 10 fois en progressant un peu plus à chaque essai, en pestant à chaque taloche dans le cul qu’il te file, mais en tendant finalement amoureusement les fesses pour un dernier p’tit coup tant le plaisir est là. Oui, Dynamite Headdy est difficile, sadique parfois même. Pas de mot de passe, pas de sauvegarde, des continues bien planqués, un dernier tiers du jeu affreusement retors. Mais on en redemande, car le jeu est bon et nous surprend par ses trouvailles.

En somme, je ne peux que conseiller l’achat de cette petite perle. Mais s’il vous plait, jouez-y sérieusement. Pas question ici de s’arrêter aux 3 premiers niveaux. Quand on vous donne un chocolat fourré, on ne s’arrête pas à l’enrobage : on suçote doucement la friandise pour en goûter les différents paliers de saveurs. Dynamite Headdy, au-delà de son début un peu classique, vous gratifiera de passages aux bouquets délicats. Encore faudra-t-il vouloir accepter que perdre à un jeu n’implique pas de le ranger au plus vite dans l’étagère pour aller donner son avis sur l’intégralité de l’œuvre alors qu’on n’en aura gratté que la première couche.

Merci Headdy. T’as vraiment une sale tronche, mais tu m’auras fait passer un délicieux moment. Et sache qu’en général je ne dis pas ça à tous ceux qui me filent 8 coups de pied au cul et quelques claques dans la gueule.…

Une dernière chose pour les plus attentifs et curieux des lecteurs. Vous vous demandez toujours à quoi servent les chiffres obtenus dans le jeu de basket ? Sachez qu’après le combat final, on vous demandera d’entrer un code à 4 chiffres pour accéder à un boss spécial et obtenir la vraie fin. Quand je vous le disais : de vrais sadiques chez Treasure ! L’amour vache, sûrement.

El Gregou, adepte de la gueule de bois… Celle de Headdy bien sûr.

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