La Légende de Thor – Sega Megadrive

Notes

Par Elodiebo

C’est bien connu, dans le combat des 16 bits, c’est la Super Nintendo qui emporte la bataille des RPG, la Megadrive étant peu fournie en la matière. Voici donc l’occasion avec La Légende de Thor d’explorer ce coté obscur des RPG sortis sur la déesse noire de Sega.

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La Légende de Thor, un titre fort évocateur : un jeu basé sur la mythologie nordique, avec de grandes prairies glacées, des Vikings beaux et forts… Et bien que nenni, nous avons ici un titre qui n’a absolument rien à voir avec son contenu. Allez comprendre pourquoi son nom anglophone Beyond Oasis a été transformé ainsi… Car lui au moins ne permettait aucune tromperie sur la marchandise : un cadre désertique, proche d’Ali Baba, plutôt original à l’époque pour un RPG.

Coté scénario, un RPG est censé être une histoire en béton, à rebondissements. Ici, c’est plutôt un château de sable qui ne tient pas longtemps… Lors de temps lointains, une bataille fit rage entre deux sorciers détenteurs de deux bracelets, l’un en or, l’autre en argent. Aucun ne survécut, et des années après, le bracelet en or fut découvert, par hasard (vous remarquerez que le hasard fait souvent bien les choses dans les scénarios de JV), notre héros, le prince Ali. Et d’un coup, le bracelet lui parle (si si, les concepteurs ont bien fumé) et lui annonce qu’il faut retrouver le bracelet en argent et éliminer son détenteur… Et pour mener à bien ce combat, Ali va d’abord devoir trouver les quatre esprits bienfaiteurs et serviteurs du bracelet en or. Et puis… voilà ! A part un ultime rebondissement à la toute fin du jeu, rien de bien croustillant à se mettre sous la dent.

Efreet, l’esprit du feu, un allié de poids !
Efreet, l’esprit du feu, un allié de poids !

Mais ce n’est pas le scénario qui fait la force de ce jeu, c’est son gameplay. Chaque bouton est assigné à une action (A la magie, B les combats, C les sauts), ce qui permet de le prendre en main rapidement et naturellement.

Mais La légende de Thor est atypique : en plus du fait d’avoir les combats en temps réel et non au tour par tour, ce qui est courant pour les A-RPG, Ali n’attaque pas les ennemis de façon mollassonne… Oh non, il castagne, il saute, se dégage et enchaîne les coups avec une animation sans faille, comme un perso tout droit issu de Street of Rage ! On a donc dans nos mains un vrai combattant, qui peut faire des enchaînements et des coups spéciaux selon la combinaison faite sur la manette : appui prolongé, appui rapide, deux fois rapide, ou associé avec le pad directionnel. Un vrai plaisir donc, tout cela agrémenté de bruitages parfaits pour l’occasion.

Tiens, prends ça dans tes dents !
Tiens, prends ça dans tes dents !

Pour combattre, différents types d’armes pourront être récupérés en plus du poignard, l’arme principale : des épées, des arbalètes, des bombes, des grenades… Ces armes sont souvent limitées en munitions, mais plusieurs passages secrets du jeu permettront d’en récupérer en illimitées.

Et oui, Prince Ali, oui c’est bien lui, Ali A Baboua, doit être armé jusqu’aux dents pour réaliser sa quête, qui consiste tout d’abord à trouver les quatre esprits obéissants au bracelet d’or. Cela fera évidemment l’objet de quatre donjons à parcourir, chacun se débloquant suivant l’aptitude récupérée juste avant : l’eau, le feu, l’ombre et la terre. Car nos génies sont bel et bien là pour aider notre Prince, chacun avec ses propres capacités, au nombre de trois, plus ou moins offensives. Mais ils se fatiguent vite les pauvres, et leur barre d’énergie se vide au fil du temps et de l’utilisation de leur magie. Mais tout l’art de la gestion des esprits repose sur le moment où les invoquer, car ils ne peuvent l’être qu’en pointant le bracelet sur certains éléments : de l’eau, une torche, une glace ou une plante. Il faut donc appeler le bon esprit au bon moment et suffisamment tard pour le garder jusqu’à l’endroit où sa capacité sera obligatoire…

Alors, le feu ou la glace ?
Alors, le feu ou la glace ?

Que serait un RPG sans inventaire ? Un RPG trop facile… Les principaux items que l’on peut trouver, outre les armes, sont des aliments, pour se régénérer mais aussi pour la barre de vie de nos esprits. Et la gestion de l’inventaire s’arrête là : pas d’armure, de robe à frou frou, de gants en soie, de ceintures noires de karaté ou de chaussettes rouges et jaunes à petits pois… Dans La Légende de Thor, c’est simple et efficace, pas de magasins, les objets se trouvent dans des coffres ou en tuant des ennemis, même si l’inventaire semblant parfois trop petit, des choix devront se faire…

Voilà pour la structure du jeu… Graphiquement, on ne peut rien lui reprocher, le jeu est beau, très coloré, un peu dans les tons pastels, en un mot : splendide ! On sent qu’un véritable effort a été fait de ce coté. Et les boss ne sont pas en reste avec des sprites vraiment énormes, prenant presque toute la taille de l’écran !

En voilà un, un gros tonton !
En voilà un, un gros tonton !

Le jeu n’est d’ailleurs pas seulement beau, mais aussi très bien animé. Les effets de lumière sur les étendues d’eau, du vent dans les plantes, les gestes de notre héros et des ennemis sont très bien rendus, un bon point aussi de ce coté là ! En revanche, les musiques ne sont pas transcendantes, un peu léger pour un RPG, même si les bruitages viennent relever la note de la partie son.

Question durée de vie, c’est un peu léger là aussi… Quand certains concurrents affichent 40h au compteur, La Légende de Thor n’en propose que 15… en tenant compte des quêtes annexes ! Celles-ci se concentrent surtout sur la récupération des armes infinies (notamment la grotte aux 100 niveaux assez dure) et la collecte des joyaux renforçant les capacités de chaque esprit, soit 60 au total. Et cette durée de vie faiblarde est accentuée par la linéarité du jeu et sa grande facilité.

Et au rayon des défauts du jeu, la liste ne s’arrête pas là. Beaucoup dénigreront la maniabilité et la précision. J’entends déjà certains dire « Normal, c’est à cause de la manette MD pourrie »… C’est vrai que les sauts se font au millimètre, et certaines phases de plates-formes en rendent certains chauves tellement ils s’arrachent les cheveux…

Le passage secret le plus difficile du jeu, bon courage !!!
Le passage secret le plus difficile du jeu, bon courage !!!

Heureusement, il n’y en a pas beaucoup. Mais c’est un peu la même histoire pour les coups portés aux ennemis. Le placement est primordial dans ce jeu, parfois jusqu’à la prise de tête… Enfin, il n’y a pas vraiment une gestion de la diagonale, et en plus, on doit faire arrêter notre perso pour changer sa direction de course.

C’est vrai qu’en finissant sur tous ces points négatifs, je risque de ne pas donner envie d’essayer ce jeu. Pourtant, il faut reconnaître que La Légende de Thor est un must have de la Megadrive et qu’il est quand même très plaisant à jouer et à regarder. Tous ces défauts cités auparavant n’arrivent pas à gâcher le plaisir du gameplay, ils empêchent juste la Légende de Thor d’être effectivement une légende !

Au final, les fans de RPG avec de longs donjons et des scénarios tordus peuvent passer leur chemin… Mais ceux qui aiment l’action, tabasser les ennemis, être dépaysés par les graphismes, et qui veulent passer un bon moment sans se tordre les neurones, ce jeu est pour vous !

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Une réflexion au sujet de « La Légende de Thor – Sega Megadrive »

  1. c’est dommage que c’est pas basé sur la mythologie de mes ancêtres 😦
    Je me demande vraiment comment ils ont fait pour décider d’un nom pareil …

    Je vais peut être le faire pendant mes vacances, j’ai Landstalker aussi de prévu !
    (et Secret of Mana aussi tant que j’y suis…)

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