Échos du passé n°11 – Décembre 1990

Ce onzième numéro date de Décembre 1990, où la Megadrive et la Game Boy continuent de s’installer lentement mais sûrement dans nos contrées.

 

Pendant ce temps, en France

Les magazines (voire ne serait-ce que les articles) liés aux jeux consoles sont encore très peu présents en France. En effet, ce début d’année 1990 est encore et toujours à dominante Micro, les consoles étant encore regardées d’un oeil moqueur par la plupart des journalistes français. Toutefois, cet état de fait va peu à peu changer, à commencer par le mois dernier de Septembre 1990 où Player One vient tout juste d’apparaitre dans les kiosques. Il faudra toutefois encore attendre une année complète avant de voir poindre pas moins de 3 nouveaux magazines consacrés exclusivement aux jeux console, annonçant par cela même le début du chant du cygne du jeu micro. Au clic sur la couverture d’un magazine, vous tomberez directement sur sa page téléchargement sur abandonware-magazines.org.

Honorons les 5 magazines français à parler de jeux consoles ce mois-ci: Generation 4, Joystick, Micro News, Player One et Tilt !

 
Gen4 26Generation 4 numéro 28:
Peu de contenu ce mois-ci, mais tout de même un dossier sur l’Entertainment ’90 de New York. Un peu de news, mais surtout des tests. Les meilleurs jeux du mois sont F1 Boy (9) et Lunar Lander sur GameBoy. A noter que Arrow flash a pris un cinglant… 3 sur 10 !

 
Joystick 9Joystick numéro 11:
Pas mal de news ce mois-ci, avec notamment un dossier sur le Japon, Empire des jeux. Les meilleurs jeux du mois sont Valis III (94%) sur PC Engine, Dr Mario (93%), Boulder Dash (92%) et VolleyBall (92%) sur GameBoy, et Populous (92%) sur Megadrive.

 
micro news 41Micro News numéro 42:
Quelques news, un second best of des jeux PC Engine, et encore un dossier sur le MSX. Les meilleurs jeux du mois sont Riding Hero sur Neo Geo, Double Dragon 2 sur Nes, Moonwalker et FZ Senki Axis sur Megadrive, et W-Ring, Rabio Lupus Special, Gomola Speed et Valis III sur PC Engine.

 
Player one 2Player One numéro 4:
De nombreuses news. Les meilleurs jeux du mois sont Klax (95%) sur Lynx, Moonwalker (96%) et Populous (96%) sur Megadrive, Robocop (94%) sur GX 4000, et Ultima IV (90%) sur Master System.

 
 
Tilt 82Tilt numéro 84:
Uniquement des tests ce mois-ci. Les meilleurs jeux du mois sont F1 Circus (16) sur PC Engine, Bubble Bobble (17) sur Nes, Aerial Assault (16) sur Master System, Phantasy Star II (18) sur Megadrive, et Jr. Pacman (16) sur Atari 2600 !

 
 
 
 

Le focus micro du mois par mickmack : Geisha PC

En décembre 1990, sort sur PC un jeu d’aventure coquin, nommé Geisha. Oeuvre de Muriel Tramis, créatrice de jeux antillaise qui a fait entre autres, Fascination dont ce jeu est en quelque sorte la préquelle.

L’histoire? je n’ai pas tout compris, mais l’intro montre un savant fou qui essaie de mélanger physiquement par téléportation une femme et une machine, en vue d’obtenir une insatiable machine de sexe capable d’épuiser sexuellement n’importe quel homme jusqu’à la mort. Même moi. Je demande à voir.

Bref, notre personnage (une femme aux yeux qui crient braguette) voit tout par un oeilleton (il y a des oeilletons dans les labos secrets, tout le monde le sait) et est chargée de l’arrêter. A ce moment débute un grand n’importe quoi.

On se retrouve à prendre une photo au téléobjectif dans un appart parisien. On ne sait pas ce qu’il faut faire, et on prend donc en photo la fille nue au milieu de la pièce, normal. Ben si vous faites ça, vous ne pourrez jamais finir le jeu, car il faut prendre en photo le petit calendrier japonais en haut à gauche. Sinon vous serez bloqué tout à la fin. Frustrant hein? Mais ce n’est pas fini.

Ensuite on est dans une chambre d’hôtel, un petit passage de p&c pour capturer un criquet en déjouant la maniabilité du jeu car rien mais vraiment rien ne coule de source…

On passe à la deuxième phase du jeu, intitulée « caresser ». Chaque phase a un nom, très subtil, comme « pénétration », par exemple. Le but est ici de faire se lever une femme topless pour mater ses seins récupérer une carte planquée sous son ventre. Quelle coïncidence que les 2 buts soient communs!

Ensuite un mini jeu: un mastermind, combinaison à 5 chiffres entre 1 et 8. très difficile, car on vous indique le nombre de chiffres effectivement présents dans la combinaison, mais pas s’ils sont à la bonne place. autrement dit, si vous savez que les chiffres de la combinaison sont 15387, je vous laisse imaginer le nombre d’arrangements possibles… un indice cependant: si vous avez beaucoup de chiffres bien placés, une pute japonaise s’active sur un mannequin, ou un vrai mec je n’ai pas compris, de 5 façons différentes… si on ne voit pas « l’engin » du mannequin, on devine très bien ce qu’elle lui fait, cette chaudasse.

Si vous réussissez, des tueurs arrivent et disent qu’ils vont vous liquider sauf si… vous gagnez une partie de bataille à l’atout contre eux. On se retrouve à jouer à une espèce de belote de comptoir sans intérêt stratégique car si vous avez les bonnes cartes vous gagnerez, sinon vous perdrez et serez tuée, donc dévorée par un dragon.

Très logiquement, on se retrouve ensuite à aller pêcher des perles noires au fond de l’océan dans un jeu d’arcade sous-marin qui mixe Pacific et Operation Wolf. On donne ensuite ces perles à une dame qui les transforme en boules de Geisha qu’on se met direct dans le fion. Bon, ça c’est pas écrit, mais vu qu’elles ne sont plus dans l’inventaire…

Ensuite on joua à un chifoumi déshabilleur qui permet d’effeuiller une dame digitalisée sous forme de petits gifs rigolos mais un peu vieillots. Cela dit on peut la foutre complètement à poil de face. J’imagine Def qui s’agite…

On passe alors à un jeu d’arcade à la Gauntlet, nommé pénétration, dans lequel on dirige une bite métallique et ses couilles à suspension dans des couloirs et on doit trouver la sortie. Des bouches sont sur le parcours: une bouche sans dents remonte votre vit et votre vie, et une bouche avec dents vous fait mal… on peut tirer sur des petits robots (et à votre avis, quand une bite tire, elle envoie quoi?).

et quand on arrive au bout des 3 niveaux, on se retrouve face à l’androïde nymphomane, qui nous impose de faire un puzzle en temps limité, un taquin à 16 cases représentant un dragon.
Les cases se ressemblent, ne sont pas clairement délimitées, et en plus il faut le faire de façon tellement rapide (j’ai ralenti DosBox 20 fois et je n’ai malgré tout même pas réussi le tiers du puzzle, je suis donc 60 fois trop lent) que l’aventure s’est arrêté là pour moi, cependant la fin me semblait proche. je vous laisse juger de la difficulté du truc sur le screen (à faire en 25 secondes maxi)

Vous avez donc compris que ce jeu est un gloubi-boulga de n’importe quoi, un énorme ramassis de conneries sans queue ni tête. Les jeux se succèdent sans aucune logique, on ne comprend rien à l’histoire qui est de toute façon de la merde en barrette, et le trip du « on va te tuer, sauf si tu nous bats à la belote » est proche de la pire connerie que j’ai jamais vu dans un jeu.

L’ensemble est très court mais très difficile, trompeur si on croit jouer à un point&click… seul l’argument du sexe gratuit tient, en fait.
Mais tout le monde sait que la plupart du temps, ça suffit. Ici, c’est quand même limite.

Graphismes: 6/10. C’est globalement très moyen, les débuts du VGA, les gifs digitalisés cotoient des dessins niveau 8 bits.
Sons: 5/10. Quelques japoniaiseries musicales mais globalement peu d’intérêt.
Jouabilité: 5/10. Simplement parce qu’on ne fait finalement pas grand chose, et de façon peu intuitive généralement.
Scénario: 4/10, rien compris, mais y’a des femmes à poil, donc je ne peux pas mettre moins.

Global: 4/10, si on retire l’aspect « sexuel » du jeu, il se transforme en merde intersidérale. On va dire que c’était un brouillon pour fascination, qui aurait tout gagné à ne jamais avoir été édité. Mumu, tu as fait bien mieux.

 
 
 

Les pubs du mois

1 1 1

 

Et pour finir, la grosse énigme trouvée dans Joystick de décembre 1990 :

etrange

Comment un Artwork de Chun Li faisant un simili-Kikoken peut se retrouver sur un magazine français de décembre 1990, alors que la toute première déclinaison de Street Fighter II n’est sorti qu’en Mars 1991 au Japon, et que Chun-Li n’y faisait pas encore de Kikohen?

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Une réflexion au sujet de « Échos du passé n°11 – Décembre 1990 »

  1. Moi ce que je constate, c’est que les étagères de Mick ne sont composées QUE de jeux sur le sexe 😛 Mais effectivement, celui-là a l’air particulièrement bizarre !

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