Échos du passé n°1 – Janvier 1990

Mois après mois, vous retrouverez sur paderetro.com une news un peu particulière. En effet, celle-ci se lira comme une vue globale de ce qu’il s’est dit, fait, ou supposé près de 25 années dans le passé. Ont été pris comme base pour cette news mensuelle les magazines français de l’époque, ainsi que de nombreux magazines étranger, en plus des colonnes « back to the future » de Retrogamer, le magazine UK. Vous trouverez également en bonus à la fin de chaque article, les publicités présentes au sein des magazines français. Un grand merci au travail de l’équipe d’abandonware-magazines sans qui cette news n’aurait pas pu exister.

Ce premier numéro date de janvier 1990, où la guerre commence à faire rage entre l’Atari Lynx et la Nintendo Game Boy, et les magazines français montrent timidement leur intérêt pour les jeux console.

 

Les annonces mondiales

Le mois dernier, Atari révélait que seules 70 000 unités de sa nouvelle console, la Lynx, seraient disponibles pour les fêtes de fin d’année 1989. Son président, Sam Tramiel, annonça également qu’il allait faire en sorte de rendre disponibles 1 million de Lynx au cours de cette année 1990.
Nintendo, souhaitant devancer rapidement son concurrent, contra cette annonce d’1 million de pièces avec 5 millions de Game Boy pour l’année 90, ainsi que vendre 20 millions de jeux. Avec près de 2 millions d’unités déjà vendues au japon, Nintendo ne semble pas être si loin de son objectif.

Personne ne sait encore qui triomphera dans le marché des consoles portables: La fade monochrome Nintendo Game Boy ou l’élégante Atari Lynx?

 

Pendant ce temps, en France

Les magazines (voire ne serait-ce que les articles) liés aux jeux consoles sont encore très peu présents en France. En effet, ce début d’année 1990 est encore et toujours à dominante Micro, les consoles étant encore regardées d’un oeil moqueur par la plupart des journalistes français. Toutefois, cet état de fait va peu à peu changer. Au clic sur la couverture d’un magazine, vous tomberez directement sur sa page téléchargement sur abandonware-magazines.org.

Honorons les 2 seules magazines français à parler de jeux consoles ce mois-ci: Generation 4 et le petit nouveau Joystick. A noter que Joystick est le tout premier magazine français à se revendiquer à la fois micro et console, tous les autres étant des magazines spécialisés micro mettant parfois en avant de l’actualité console.

 
Generation 4 numero 18:
Grande annonce dans l’édito du magazine: Dès le mois prochain, les jeux console auront, et ce pour la première fois, leur place dans les colonnes du magazine. nous pourront y retrouver tests et dossiers approfondis.
Une publicité alléchante pour la PC Engine Sodipeng se trouve également dans leurs pages ce mois-ci.

 

Joystick numéro 1
Bienvenue à ce tout nouveau magazine traitant à la fois de micros et de consoles dans ses colonnes!
Vous y trouverez un dossier traitant en profondeur de la PC Engine, ainsi que quelques tests. A noter les 2 meilleurs jeux console du mois: Wonderboy III Dragon’s Trap (88%) et Robowarrior (85%)

 
 

Les histoires au coin du feu par mickmack – Version CPC

un petit récap de ce qui est sorti en janvier 1990, des jeux qui ne valent pas la peine de faire un test trop long mais dont on peut parler quand même.

Par exemple, Shufflepuck cafe.

shufflepuck

C’est ni plus ni moins qu’un pong en 3D dans l’espace. C’est rigolo, les adversaires sont marrants. Ils ont chacun une spécificité: le mec bourré, le gars timide ou puceau (coucou Def), la bonnasse tricheuse ou le bourrin boss final.

shuffle2

On bat tout le monde sans souci, sauf le boss final qui vous colle 15-1. Mouais. C’est peu maniable (au clavier…), soulant et avec une difficulté donc très mal dosée. Pourtant, j’avais acheté ce jeu et je m’y éclatais… Donc en le réessayant j’ai eu une petite larme de nostalgie. Avant d’effacer la rom.

Il y avait aussi Meurtres à Venise.
Un jeu d’enquetes qui se passe donc à Venise, où l’on doit débusquer un terrorriste et finir par trouver la bombe qui explosera la lagune, et la désamorcer.

0050

On se promène dans la ville, du pont des soupirs à la place St Marc (ou la bouteille d’eau 50cl est vendue à 9e soit dit en passant. Et 12e le café en terrasse) ou au Rialto. On rencontre des personnages chez eux, selon l’heure de la journée, on pose des questions… Une enquête quoi. Le truc kiffant, c’est que le jeu était fourni avec, dans la boîte, les indices IRL: une facture d »hôtel, un porte-monnaie, une pellicule photo, un ticket de vaporetto (l’indice qui m’a plombé à l’époque, car quand j’avais 12 ans, je croyais que le vaporetto c’était un pressing qui nettoyait à la vapeur, donc je captais pas).

imgp0011

Quand on trouvait l’indice dans le jeu, l’objet dans l’inventaire était signalé par un astérisque, et on pouvait alors consulter le document EN VRAI, comme un petit Grissom. Et ça, ça tuait sa mère.

Opération Thunderbolt:
C’est la suite d’opération wolf, la série culte du rail shooting à l’époque. Alors c’est bien gentil, sauf qu’on ne comprend rien, les 3/4 du temps je perdais mon viseur à l »écran tellement c’est le bordel.

opthun10

Pourtant les ennemis ont mis des tenues anti-camouflage vert pomme et violet pour bien se faire éclater, mais il y en a tellement que c’en est ridicule. Les concepteurs n’ont pas si mauvais gout car on peut tuer des chats par inadvertance. Ca trompe l’ennui.

Great Courts:
Aaaaaaaaaaah, le meilleur jeu de tennis de l’époque sur CPC (sera détrôné par Davis cup et great courts 2 si je me trompe pas).

greatc10

C’était révolutionnaire: on jouait des tournois ATP, le sol était rouge, gris ou vert selon la surface! Problème, on change pas de coté, la direction de la balle est quasi incontrôlable, il n’y a que deux sons « tut » quand on frappe et « tut tut » quand y’a faute. Je me suis donc pris 6-0 par mon adversaire qui pourtant était visiblement muni d’un balai dans le cul.

Chase HQ:
adaptation d’arcade, jeu de bagnole dans lequel on contrôle des flics qui, pour arrêter des bandits, marravent la bagnole adverse comme des auto-tamponneuses.

chasehq3

Ca va vite, très vite, on roule à 300 et quand on met le turbo on passe de 0 à 400km en 1 seconde, véridique. Mais nos 2 flics se sont formés au voyage intersidéral à la NASA et supportent donc les 10G d’accélération sans sourciller. Ils font même des blagues façon Eddie Murphy et Chris Rock. C’est pas mal mais finalement soulant et pas très maniable.

Un autre jeu de bagnole, Turbo Out Run:
tout le monde connait Out Run, voici donc sa suite sur CPC. Ca a l’air joli avant de démarrer. Alors on démarre. Et la, c’est le drame.

901a

C’est d’une lenteur effarante. On roule à 200 et on s’attend à voir mon fils en tricycle doubler par la droite. Je me suis même demandé par moments si j’étais pas en marche arrière. La passagère blonde a quand même les cheveux au vent, elle utilise probablement un seche cheveux de voyage branché sur l’allume-cigares. Il aurait fallu dire aux concepteurs que faire un jeu de bagnole ne se limite pas à faire défiler des palmiers (moches) sur le bord d’une route.

 

Le focus micro du mois par mickmack: Iron Lord CPC

En janvier 1990, sortait enfin Iron Lord sur CPC. Bikini Cover Inside.

Il y a des jeux qui marquent une vie de joueur, et celui-ci le fit pour différentes raisons. La 1ere fut que je l’avais commandé quasiment 1 an plus tôt à Micromania, avec mes sous de Noël 1988. J’avais 11 ans. Le chèque fut débité illico mais point de jeu… A chaque fois il me disaient au téléphone « on va le recevoir bientôt, il n’est pas encore sorti ». C’était une femme jeune qui me répondait, j’étais tout fou. Et un jour, je n’y croyais déjà plus, le voilà dans ma boite aux lettres. Ce jeu, c’est celui que j’ai le plus attendu dans ma vie… Et heureusement, l’attente valait le coup! J’insère les disquettes, écran titre inquiétant mais beau, et musique qui m’emballe… je reparlerai de la musique à la fin, en aparté. Mais ce jeu, j’y ai tellement joué que j’en ai bousillé les disquettes!

On a donc affaire à un jeu d’aventure avec de nombreuses scènes d’action.
L’histoire: vous êtes un chevalier, et vous devez lever des armées pour aller combattre le terrible Zolphar. Est-il un homme, un démon? mystère. Vous commencez donc le jeu dans vôtre château, endroit où l’on peut sauvegarder, et il faut choisir une destination sur la carte. On y voit de petits villages, un moulin, une église…

Dès qu’on choisit une destination, votre cheval minuscule sur la carte s’agite et cavale alors qu’une fenêtre vous montre la cavalcade en gros plan. Arrivé au village, une animation sympathique vous montre sur votre fier destrier, passer le pont levis… Et s’affiche alors une carte en vue du dessus sur laquelle vous allez promener votre personnage de 4×4 pixels. Vous voyez le petit point dans l’angle entre les deux maisons, sur la carte en bas à droite de l’image, c’est vous. Oui, plus petit qu’un lemming sur GB (seuls ceux y ayant joué comprendront).

On se lance alors à la recherche de lieux intéressants, pour rencontrer des habitants où participer aux diverses activités que propose le jeu. Les habitants vous permettront, au fil de discussions et d’échanges d’objets, de recruter les armées nécessaires au combat. Les discussions se font comme dans un classique p&c.

Les activités sont intéressantes: vous pourrez participer à un jeu de dés, du tir à l’arc, un concours de bras de fer, ou défendre votre vie lors d’une embuscade, en combattant l’assassin à l’épée. Le jeu de dés est sympa mais répétitif, et sert juste à gagner de l’argent. Le tir à l’arc est extrêmement difficile: lors du premier tir, on a une vague idée où se trouve la cible, et on fait un tir de réglage avant d’essayer d’atteindre la cible sur les 2 suivants… c’est plutôt du tir de mortier.

Le concours de bras de fer, c’est tout simplement du track’n’field: secouer la manette le plus vite possible de gauche à droite. 9 adversaires de suite. Si vous avez joué à Decathlon sur CPC à l’époque, peut-etre vous rappelez vous de l’épreuve du 1500m, qui consistait à faire la même chose pendant 3’30 » de course sans interruption. Ici c’est juste un peu moins pire. Mais avec de la force vous parviendrez surement à vaincre Jean Brisemain ou le chevalier ancien, Harold Schartz de Naguère.
Le combat à l’épée, c’est comme le bras de fer, juste en plus difficile. Et la, si vous perdez, game over.

Les personnages sont variés, animés lors des conversations et ont tous leur petite histoire avec leurs inimitiés entre eux, cette partie du jeu est très bien agencée. Mentions spéciales à la serveuse bien bonnasse, qui lorsque vous la draguez vous répond « laissez m’en paix » (oui, les dialogues sont à la sauce moyenâgeuse), et au magicien qui fait apparaitre une femme nue dans sa boule de cristal.

Lorsque vous avez réussi à réunir suffisamment d’armées, foncez au château déclarer la guerre. Le jeu se transforme alors en mini wargame, vos armées d’un côté(représentées par leur blason) avec leurs forces et faiblesses, idem en face mais plus nombreux. La maniabilité est horrible, il faut cliquer sur chaque armée, lui donner sa direction, recliquer pour fermer, et ainsi pour chaque groupe de soldats… ça prend une plombe et on se dit qu’avec des pigeons voyageurs ça irait pas moins vite. Cette phase est un peu longuette mais pas difficile si on sait se montrer patient et fourbe en isolant les plus faibles.

3e phase: un clône de gauntlet mais sans ennemis, vous devez trouver la sortie d’un labyrinthe, sans oublier l’épée dans chaque niveau pour combattre le méchant. C’est très difficile car la taille de la fenêtre est ridicule, car formée de l’intérieur de la bouche du crâne (soit environ 1/10 de l’écran, et encore je suis large) et donc on ne voit jamais si on se dirige dans la bonne direction ou une impasse.

Entre chaque niveau du labyrinthe, une petite phase de shoot à la Contra, ou Gryzor, au choix, jusqu’à occire le boss final. Très difficile. Alors comment est-on passé de la visite du village de Chatenay Malabry à la destruction au laser d’une tête de squelette, je ne sais pas.

Les dernières phases du jeu, labyrinthe et shoot, sont très moyennement réalisées en monochrome, on dirait vraiment un autre jeu. C’est difficile et peu intéressant. Le jeu aurait largement pu s’arrêter au wargame, finalement.

La première phase, l’aventure, est un pur régal. Se promener de village en village, sur la carte, discuter avec tout le monde, donne un plaisir de jeu et une liberté qu’on rencontrait très peu dans les jeux sur CPC à l’époque. C’est quasiment du Elder Scrolls!

Les graphismes, à l’exception de la dernière phase, sont en 4 couleurs, tons verts/jaunes/rouges (yeah man) qui permettent un graphisme fin et collent très bien à l’ambiance. Les petits détails graphiques (persos qui bougent les lèvres, cheval qui court…) se voyaient rarement à l’époque et apportent un cachet monstrueux. Un des plus beaux jeux CPC. La maniabilité était bof, car une bonne partie se fait au curseur dirigé au joystick car pas de souris sur CPC. Sans compter qu’il fallait prendre des actions chez Quickshot car le bras de fer et l’épée ont détruit un grand nombre de manettes. Autre défaut, le jeu tenait sur 4 faces de disquettes (énorme pour l’époque) mais il fallait souvent les changer, et ça se transformait donc en partie de grille-pain.

La musique… Pour du CPC c’est magnifique et ceux qui ont eu cette machine comprendront. Des tons médiévaux, des thèmes longs, pas comme la boucle de 20 secondes qu’on voyait trop souvent à ce moment là… Alors pour celui qui a connu le JV en 2005, c’est sur que ça peut faire saigner des oreilles. Mais à l’époque, je me rappelle qu’à l’écoute de ces thèmes, j’avais envie de mettre sur pause, de prendre mon dessus-de-lit Capitaine Flam en guise de cape, mon épée Ulysse 31 et d’aller pourfendre les démons alentour (les 2 chats de la voisine, des teignes).

Et maintenant la page culturelle:
Si vous êtes de la même origine que notre ministre de l’intérieur, cette musique vous aura peut-etre évoqué quelque chose. Ils s’agit en fait d’une chanson espagnole du moyen âge, Pase El Agoa (ma Julieta Dama), que voici d’ailleurs jouée traditionnellement:

Et de manière plus lyrique maintenant, pour donner un ton d’époque:

Je l’ai écoutée en boucle en rédigeant ce test. Rien que pour ça, ça valait le coup de s’y replonger.

graphismes: 9/10 la 1ere partie du jeu, 4/10 après le wargame.
musique: 10/10. j’adore.
maniabilité: 4/10. En même temps, je ne sais pas si on pouvait faire mieux.
intérêt: 9/10 la première partie du jeu, 3/10 la suite.

Global: Allez, je vais mettre 5/5 en vous demandant d’éteindre le jeu après le wargame.
Sinon, vous n’êtes qu’un fieffé félon. Oui-da.

 

Les pubs du mois

 

Prochain numéro le 17 février

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s