Rocket Knight Adventures – Sega Megadrive

Par DMusashi
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La Chevalerie façon 16-Bits

SEGA a Sonic, Nintendo a Mario … et Konami ? On peut effectivement penser au manchot Pentarou, notamment lors des années 80, mais niveau charisme, on repassera. Dans les années 1990, la firme tente en vain de trouver une mascotte digne de ce nom. Il faut attendre 1993 pour que sortent les premières aventures de Sparkster, le « Rocket Knight » du royaume de Zebulos, qui doit faire face à de dangereux envahisseurs porcins. En effet, guidée par un ancien chevalier déchu et grand rival de notre opossum, Axle Gear, l’armée de jambons ambulants se dirige d’un pas décidé vers le château de la Princesse Sherry, détentrice de la clé qui pourrait remettre en marche la terrible Pig Star que convoite Devligus, l’Empereur d’Elhorn.

Derrière cette histoire digne d’un roman d’heroic-fantasy, se cache en vérité un jeu d’action/plates-formes, genre typique de ce que l’on peut trouver sur la console 16-Bits de SEGA. La même année sortait également Gunstar Heroes du studio Treasure, composé surtout par d’anciens membres de Konami. Il est d’ailleurs intéressant de noter que les deux jeux présentent quelques similitudes. Mais il fallait quand même du cran pour sortir un chevalier opossum avec un Jet Pack greffé sur le dos. Pourtant, cette idée amusante va se révéler être une excellente surprise.

Jet Pack et tranches de lard

Le gameplay de Rocket Knight Adventures peut sembler de prime abord très simple : deux boutons, l’un pour sauter, l’autre pour trancher dans le vif les quelques cochons qui oseront s’aventurer trop près de la lame de notre cher opossum. Cependant, le jeu ne porte pas un tel titre pour rien, puisque Sparkster est équipé d’une sorte de Jet Pack, lui permettant de se propulser dans les airs avec une vitesse phénoménale. En restant appuyé sur le bouton d’attaque, un jauge se charge, et une fois pleine, le chevalier peut s’élancer aux 4 coins de l’écran, lui permettant ainsi d’accéder à des endroits à l’origine inatteignables. Cependant, ce n’est pas sa seule utilité : le Jet Pack augmente également la force de frappe du marsupial.

Cette originalité ne va pas seulement être un atout pour le gameplay du jeu, mais également une excellente base pour un level-design ultra malin. Les développeurs ont su mettre à profit les particularités de Sparkster (notamment avec sa queue, lui permettant par exemple de s’accrocher aux branches d’un arbre) afin de créer des niveaux exploitants au maximum le Jet Pack. Ainsi, le niveaux sont très variés, proposant de multiples situations demandant du doigté, des réflexes, mais également l’utilisation du propulseur greffé sur le dos du héros. Si son utilisation demande au départ un certain timing, et donc un peu d’entraînement, une fois maîtrisée, le soft montre un potentiel énorme.

D’ailleurs, si le jeu est accessible en terme de difficulté, seul le Mode Hard permet d’avoir droit à la véritable fin. Effet à double tranchant : seuls les plus valeureux pourront donc en voir le bout (bien que le mode difficile ne rend pas le jeu en lui-même plus dur, mais limite le nombre de vies et de continues), ce qui peut sembler dommageable pour le joueur « lambda ». Mais cela peut également pousser certains joueurs à dépasser leurs limites, et la marge de progression est d’ailleurs assez importante. Bref, rien d’insurmontable, même si cela rallonge certainement artificiellement la durée de vie.

Se renouvelant sans cesse, les différents stages sont de purs moments de bonheur, s’enchaînant sans temps mort dans une action totalement débridée. Pour preuve, le Stage 1, lorsque Sparkster vole au-dessus d’un lac en direction du château attaqué par les envahisseurs, tout en combattant un dragon des mers : dantesque. Le jeu, en plus de proposer des idées de gameplay très intelligentes, est doté d’une ambiance extrêmement prenant

Ambiance estampillée Konami

En plus d’offrir à un opossum le rôle principal, le jeu de Konami possède un univers assez atypique, mélangeant habilement ambiance médiévale et bizarreries technologiques. Ainsi se côtoient chevaliers et créatures mécaniques, épées et missiles, canons et vaisseaux spatiaux. C’est d’ailleurs l’une des grandes réussites du soft, puisqu’il met en place un contexte fort intéressant. Le scénario n’est pas le plus poussé, mais tout est intelligemment mis en scène, permettant ainsi une narration et une fluidité entre chaque niveau qui se révèlent très efficaces. Konami a toujours su donner une certaine identité à ces jeux, et Rocket Knight Adventures n’échappe pas à la règle, pour notre plus grand bonheur. D’autant plus que les différents protagonistes ne manquent pas de charisme, et surtout Axle Gear, qui respire la classe et s’inscrit largement dans la lignée des plus grands « vilains » de la génération 16-Bit.

Mais tout cela ne serait en aucun cas possible sans des choix esthétiques judicieux, chose qui est clairement maîtrisée en l’espèce. Les développeurs se sont fait plaisir, en alternant château et lieux d’antan avec des mondes plus modernes. On peut également noter le gros effort de leur part en matière d’effets, le jeu en étant truffé savamment, puisqu’utiles au gameplay. Par exemple, le Stage 2 permet à Sparkster de se glisser d’un côté ou de l’autre d’une cascade, l’action se déroulant alors sur deux plans distincts. Aussi, le Stage 3 offre un effet phénoménal, avec le reflet de la lave permettant au preux chevalier de sauter de plate-forme en plate-forme.

Mais les graphismes ne sont qu’une partie de l’atmosphère si particulière du jeu, qui est accompagné d’une bande-son magistrale de Michiru Yamane. C’est cette dernière qui donnera naissance aux compositions de Probotector et Castlevania : The New Generation sur le même support. Les fans des aventures de la famille Richter la connaîtront mieux comme étant la compositrice de l’OST de Symphony of the Night.

Les thèmes sont à la fois épiques, et en totale adéquation avec l’action en cours. La musique évolue au fur et à mesure que Sparkster s’aventure dans des lieux plus futuristes, devenant alors moins symphonique, et plus électronique. Il faut préciser aussi que le thème des Boss a marqué plus d’une génération, et peut largement postuler au Top 10 des meilleurs du genre sur console 16-Bit. D’ailleurs, les Boss ont une certaine particularité dans ce jeu : il sont extrêmement nombreux.

Plus qu’un bijou, un … Treasure ?

Beau, maniable, accompagné d’une bande-son réussie, et à l’action frénétique, le jeu de Konami excelle dans la plupart des domaines. Cependant, un point intéressant est à soulever, notamment dans l’articulation des niveaux. En effet, le jeu est quasiment un « Boss Rush », chaque level étant entre-coupé de plusieurs mini-boss. On est alors bien loin du classicisme d’un jeu de plate-forme lambda de ce point de vue, c’est à dire avec un boss uniquement à la fin de chaque stage. Point intéressant, la même année sort le Gunstar Heroes de Treasure, proposant un concept similaire. Coïncidence ? Oui et non.

S’il est évident qu’il n’y a aucune volonté de « copier », Treasure venait de naître peu de temps avant la sortie des deux productions. On peut donc se douter que ce studio a hérité de Konami un certain savoir-faire en matière de conception de jeu. Il est indéniable qu’un tel sur-nombre de boss est d’une originalité rare à l’époque, voire même surprenant, comme c’est le cas dans le Stage 2 de Rocket Knight Adventures : le niveau s’ouvre directement sur une confrontation avec un imposant monstre mécanique ! Ces jeux possèdent de nombreux points communs. On peut noter la présence de forteresses volantes, d’un niveau sur « rails, et les derniers niveaux se situent dans chacun d’entre eux dans l’espace.
De ce point de vue, les deux productions font mouche, et leurs particularités sont l’une des raisons de leur succès. Ces jeux, malgré leurs différences, restent inextricablement liés, et sont démonstratifs de l’essor de ce type de production sur la console de SEGA.


Bien qu’un peu ternes, les décors sont fouillés et détaillés, et la charte graphique du jeu est une franche réussite. Comblé d’effets en tout genre et doté d’une excellente ambiance techno-médiévale, le jeu peut également s’appuyer sur une mise en scène frénétique et endiablée. Du pur Konami.


D’abord chevaleresques, puis plus électroniques, les morceaux de Michiru Yamane sont un délice. Suivant intelligemment la progression du joueur dans l’aventure, les compositions collent parfaitement à l’esprit des différents niveaux traversés.


Simpliste, mais néanmoins innovant, le Jet Pack de l’opossum est une idée de gameplay extrêmement amusante, et dont l’apport est maîtrisé à la perfection : un level-design étudié pour son utilisation, et une variété de situations incroyable. Sparkster réagit au doigt et à l’œil.


Dans la moyenne des autres jeux du genre, la difficulté est savamment dosée, permettant au jeu de ne pas livrer tous ses secrets dès la première partie. Il faudra donc un peu de persévérance et de connaissances des niveaux pour en voir le bout ! Finir le jeu dans les différents modes de difficulté s’avère être un challenge intéressant, d’autant plus que la courbe de progression du joueur est assez énorme. Notons d’ailleurs que la vraie fin n’est disponible qu’en Mode Hard …

Note du testeur : 18/20
Konami a su reprendre avec intelligence les codes du jeu d’Action/Plates-formes de l’époque, tout en ajoutant un gameplay plus novateur. Dès lors, le jeu est parsemé de morceaux de bravoure et de situations délirantes, qui vont faire baver plus d’un opossum. Accompagné d’une bande-son de grande qualité, ce Rocket Knight Adventures est l’un des dignes représentants du genre sur la Mega Drive, aux côtés de Probotector, Shinobi III, Gunstar Heroes ou encore Alien Soldier.

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